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Konngol Afirik

Une voix africaine dans le Net mondial

Guinée : encore une fois, les Bérets Rouges et l’Armée tuent

Déjà traduit en : Français, Fulfulde, English
28 09 2009
Pays :
GUINEA
Catégories :
cndd, dadis, manifestation

En ce 28 septembre 2009, les « Forces Vives » (opposition, syndicats, société civile) avaient appelé à une manifestation massive au stade pour protester contre la candidature du chef de la junte militaire (CNDD) le Capitaine Moussa Dadis Camara.

La junte ayant interdit toute manifestation, les « Forces Vives » ont quand même maintenu leur décision. Donc dès ce matin, des partisans de l’opposition ont forcé les portails d’entrée au stade, bravant les militaires et les Bérets Rouges, troupe d’élite du Président de la République connue pour sa gâchette facile. Comme pendant les troubles de 2006 et 2007, les Bérets rouges se sont illustrés par une cruauté aveugle. La plupart des morts et blessés vont sur le compte de cette troupe d’élite mieux équipée et mieux payée que l'armée régulière. La population a à son tour brûlé un commissariat de police. Le bilan s’alourdit d’heure en heure : d’après une dépêche d’AFP, il y aurait une soixantaine de corps à l’une des morgues de la capitale.

Deux des principaux chefs de l’opposition, Cellou Dalein Diallo et Sydia Touré, seraient parmi les blessés. Ils auraient été arrêtés et conduits dans un camp militaire. Leur sort est inconnu en ce moment. D’après certaines sources, le domicile de Cellou Dalein Diallo aurait été saccagé par les militaires. Des cas de viol ont été signalés par des témoins.

Les responsables du carnage de cette journée noire ont pour nom : Capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte et président de la République autoproclamé, Capitaine Tiegboro Camara secrétaire d’État chargé de la lutte anti-drogue et du grand banditisme, Général Sékouba Konaté ministre de la Défense, Jean Claude Pivi ministre chargé de la sécurité présidentielle. Encore une fois, l'Union Africaine et la CÉDÉAO et les partenaires internationaux se sont révélés ineffectifs devant un officier putchiste prêt à marcher sur des cadavres pour conserver le pouvoir.

Guinée : encore une fois, les Bérets Rouges et l’Armée tuent
Soldats maltraitant un manfestant (photo de Seyllou/AFP)

Un blogueur donne des leçons de langue peule

Déjà traduit en : Français, Fulfulde, English
08 09 2009
Pays :
AFRICA
Catégories :
cours de peul

Monsieur Hameth Ly, blogueur vivant au Sénégal, donne des leçons de langue peule sur son blog :

dudalpulaar.skyrock.com

Il s’agit du pulaar, dialecte peul parlé principalement dans la région du Fouta Toro (Vallée du Fleuve Sénégal entre les républiques du Sénégal et de la Mauritanie) . Le titre du blog « Duɗal Pulaar » signifie école ou cours de pulaar. Il faut rappeler que le pulaar est la deuxième langue du Sénégal, après le wolof. Il s’agit aussi de la variante la mieux codifiée et la plus utilisée actuellement sur le plan écrit.

Le cours s’adresse selon l’auteur aux personnes parlant le français et désirant apprendre le pulaar. Souhaitons bon succès à cette entreprise.

La question linguistique et culturelle en Mauritanie : réflexions de Mr. Amadou Alpha Bah (2)

Déjà traduit en : Français

Nous nous sommes beaucoup appesantis sur la dimension politique et culturelle de la langue, peut être au risque d’être lu et entendu comme porteur d’une simple revendication identitaire. D’ailleurs c’est cette arme anti-identitaire qui est toujours brandie face aux défenseurs de la promotion et de l’égalité culturelles et linguistiques en Afrique. On les accuse de favoriser un « communautarisme » et un antirépublicanisme, si ce n’est du racisme. Peut-être que la politique du droit à la différence en est pour quelque chose. Mais si nous reconnaissons la légitimité de la dimension culturelle dans la construction de nos états, ce n’est pas pour ignorer la dimension du développement dans le combat linguistique en Afrique. Nous savons que la sensibilité culturelle est trop forte dans le combat que nous menons. Mais à force de la mettre exclusivement en avant dans le prisme du droit à la différence, nous avons perdu des soutiens précieux et nous nous sommes peut-être créés des ennemis qui ne devraient pas exister. Murtudo nous a toujours dit que « Demngal ko fittaandu lenyol, Demngal ko daabaa pinal » (la langue est l’âme d’un peuple, la langue est le véhicule de la culture). Nous dirons maintenant que la langue est le moteur du développement. De l’oralité à l’écriture, la langue a permis aux grandes civilisations de consigner et de développer les acquis scientifiques. Le savoir ne se transmet que par la communication. Et la meilleure des communications est encore l’écrite. Aujourd’hui encore, il n’est pas connu de grande puissance même émergeante qui s’est développée à partir d’une langue étrangère. Si les pays asiatiques récemment décolonisés comme nous en Afrique se lancent dans la course au développement alors que nous pataugeons dans les boues de la misère, osons reconnaître que leurs politiques linguistiques en sont largement pour quelque chose. Aucun de ses pays asiatiques n’a ignoré sa langue à l’école au profit de celle du colonisateur. Certains me rétorqueront que oui, leurs langues étaient écrites. Je leur répondrai alors que toute chose a un commencement. D’autres, à force de ne pouvoir démontrer le contraire du rôle fondamental de la langue maternelle dans le développement cognitif et intellectuel de l’enfant, me chanteront cette musique qu’on a l’habitude d’entendre distillée par les artistes de la francophonie. Excusez moi, de la « francofolie ». Les « francofolies » nous ont toujours chanté que nos ethnies étaient nombreuses, que l’école dans vingt langues coûtait trop cher, que nous risquions des guerres civiles, etc. L’Inde a plus de 300 langues étudiées à l’école et il n’existe pas de guerre ethnico-linguistique dans ce pays. Le premier pays qui s’est officiellement déclaré multiculturel et qui a favorisé la scolarisation dans toutes les langues du pays, c’est les Etats-Unis où, même les langues des communautés immigrées ont droit de cité au même titre (officiellement) que l’anglais dans les écoles, même si cette dernière s’impose dans les faits. Ce pays ne connaît pas aujourd’hui de guerre ethnique. Paradoxalement, ce sont ceux qui chantent sous nos toits officiels les risques courus par la multiplicité des langues à l’école qui connaissent des conflits ethniques dans leurs pays, du fait notamment de la négation de leurs composantes nationales. Ce sont les basques, les bretons et les corses en France. Ce sont les berbères et les Kurdes dans le monde arabe. Ce sont les communautés noires du Soudan. Et demain, ce seront les communautés noires de Mauritanie si rien n’est fait d’ici là.

La sociologie actuelle de l’école distingue différents effets dans la scolarisation de l’enfant. La sociologie française parle notamment de l’effet école, de l’effet enseignant, et de l’effet classe. Même si un nouveau courant sociologique parle aujourd’hui du rapport au savoir ou du rapport à l’école, nulle part dans cette sociologie il n’est fait état de l’effet langue ou du rapport à la langue d’enseignement. C’est que pour ces sociologues il est déjà acquis que tous les enfants sont scolarisés dans leur langue maternelle au point de ne traiter la question des enfants immigrés que sous l’angle purement sociologique. Cette sociologie ne peut nullement résoudre les problèmes liés à l’école africaine, du fait notamment de la prééminence de l’effet langue dans nos rapports à l’école. Quel est le sociologue ou le pédagogue africain qui a tenté de mesurer le niveau de l’effet langue dans les déperditions scolaires en Afrique ? On fait des analyses purement sociologiques, alors que le premier problème de l’enfant réside dans le fait que dès la première seconde de son entrée dans l’enceinte de l’école, il a été coupé de sa communauté d’origine et de sa culture par la langue de l’enseignement. On a tué en lui son âme. On a complètement ignoré ses acquis antérieurs. Aujourd’hui, la grande majorité des enfants africains qui quittent l’école avant le collège, le font principalement à cause des difficultés liées à la compréhension de la langue française. Pourtant, le plus ignorant d’entre nous sait que beaucoup de ses enfants auraient pu être récupérés et devenir ne serait-ce que des ouvriers qualifiés si leur éducation et leur formation avaient été données en wolof ou en sooninké. Chacun d’entre nous sait que dans sa classe il y a eut des élèves brillants en français qui étaient mauvais en mathématiques et vice versa. Pourquoi alors l’école s’arrogerait-elle le droit de renvoyer chez lui un enfant qui ne maîtrise pas bien le français alors qu’il aurait bien pu être un grand Einschtein physicien s’il avait appris les mathématiques en pulaar ? Voilà la question de la justice sociale et de l’égalité des chances qui se pose en termes crus. Voilà un combat qui mérite la mobilisation de tous, ne serait-ce que pour former un peu plus d’ouvriers qualifiés, ne serait-ce que pour avoir une main d’œuvre qualifiée qui peut attirer les délocalisations des entreprises européennes qui ne se dirigent que vers les pays d’Europe de l’Est et de l’Asie à main d’œuvre hautement qualifiée. Le coût de l’école doit ne être mesuré que par son taux d’efficience, c'est-à-dire par le rapport qualité prix. Amusez-vous à calculer l’argent perdu dans les dépenses allouées aux enfants en échec scolaire. Calculez ensuite la part de responsabilité de la langue française dans ces échecs et cet argent perdu. Vous saurez que seules l’éducation et la formation dans la langue maternelle coûtent moins cher. De toutes façons, quelque soit le nombre de langues d’enseignement, nous n’aurons à payer que le même nombre de professeurs, le même nombre de cahiers, le même nombre de livres et le même nombre de crayons. Là où nous dépenserons plus en traduction et adaptation des manuels, nous gagnerons beaucoup plus en efficience qui nous évitera d’autres dépenses ultérieures en programmes d’alphabétisation d’adultes. Eviter une double dépense. Voilà un pari que nous devons gagner. Pour le bien de nos maigres ressources.

Cependant nous ne devons pas confondre apprendre le bambara et apprendre dans le bambara. Ce que nous préconisons ne doit pas être une politique de poudre aux yeux. La linguistique et la pédagogie sont unanimes : il n’ y a pas de langue supérieure à une autre. Toutes les langues se valent. N’importe quelle science peut être véhiculée par n’importe quelle langue. C’est pourquoi, il ne doit y avoir de hiérarchisation entre les langues. Toutes nos langues doivent être des médiums d’enseignement. C’est une question de démocratie, d’égalité des chances entre les citoyens, et de développement national. L’Ecole comme l’a dit le grand frère Oumar Moussa BA, est le creuset de la nation. Comme la radio et la télévision, elle doit respecter le droit à la différence tout en promouvant l’interculturel. Chaque enfant aura le droit de s’épanouir dans sa langue tout en s’ouvrant à l’apprentissage des langues et des valeurs culturelles des autres communautés nationales. L’expérience de l’institut des langues nationales est porteuse. Elle a été saluée par la communauté scientifique nationale et internationale. Au de là de ses aspects scientifiques, elle commençait à jouer un rôle catalyseur dans le sens de la décrispation des tensions interethniques dans notre pays. Mais l’aveuglement et l’extrémisme barbare de Taya sont venus tout remettre en cause. Il est bien vrai que cette expérience avait ces lacunes, surtout en matière de démocratie et d’égalité des élèves et des citoyens face à nos langues et nos cultures. Je ne suis jamais arrivé à comprendre pourquoi au sein de cette expérience, le petit Beydane avait le droit d’apprendre une seconde langue nationale de son choix, alors que mon fils Haalpulaar métissé, n’aurait aucune chance d’apprendre le soninké, une autre langue de ses ancêtres. De toutes façons cette expérience vaut mieux que rien, vaut mieux que beaucoup de choses en Afrique.

La question linguistique est aussi une question d’organisation politique. Les spécialistes distinguent deux types d’organisations linguistiques qui reflètent souvent les conceptions de la nation que se font leurs partisans. Il y a l’organisation verticale qui hiérarchise les langues et les cultures. Elle est prisée par les pays qui se font un devoir d’assimiler à terme les composantes nationales par une seule langue et une seule culture. Mais il y a aussi l’organisation horizontale qui peut traiter toutes les langues à égalité comme en Suisse, mais qui peut aussi renfermer une dose d’hiérarchisation territorialisée comme en Espagne. Cette dernière forme de territorialisation de la politique linguistique peut-être vue comme une position intermédiaire entre une hiérarchisation verticale non souhaitée et une égalité horizontale très difficile à mettre en œuvre. En Mauritanie nous avons la chance d’avoir des espaces territoriaux qui correspondent pratiquement à une dominante linguistique. C’est sur cette base que nous proposerons un schéma respectueux de nos différences, mais aussi de notre volonté interculturelle. Ce schéma ne doit pas être lu comme notre propre bible, mais comme une simple base de discussion. Au niveau central, les langues seront traitées à égalité. Elles seront toutes des langues officielles d’administration, d’éducation et de formation. Dans chaque territoire, une politique linguistique et scolaire sera mise en place. Les enfants de chaque territoire, après la scolarisation dans leur langue maternelle, auront comme seconde langue la dominante de leur région ou une des autres langues si cette dernière est leur langue maternelle. Nouakchott et Nouadhibou du fait de leur statut de capitales politique et économique, auront un statut particulier d’égalité de toutes les langues. De l’école maternelle à la formation professionnelle et universitaire, on devrait à terme pouvoir trouver des structures de formation dans toutes les langues du pays conformément aux besoins statistiques des composantes nationales en présence dans ces deux villes. Dans les autres régions, les structures universitaires et professionnelles seront au départ dans la langue dominante. Au Trarza les formations professionnelles seront d’abord en wolof, au Gorgol et au Brakna elles seront en Pulaar, au Guidimakha en Soninké, au Hodh es Charqui en bambara, et dans les autres régions en arabe. Cette politique a un double avantage. Elle permet à chaque langue de jouer pleinement son rôle de langue de développement et permet une véritable politique interculturelle par l’apprentissage croisée de toutes les langues par toutes les composantes du pays. Elle permet de donner à chaque enfant la chance d’une formation dans sa langue. Si un enfant d’une minorité linguistique régionale n’arrive pas à suivre une formation professionnelle dans la langue majoritaire pour cause d’handicap linguistique, il lui sera alors possible de la suivre dans la région où sa langue est dominante ou dans une des deux capitales. Bien sûr que le développement veut que nous puissions à terme multiplier les offres de formation dans différentes langues au niveau régional, mais pour un départ, nous pensons que ce schéma peut constituer une base raisonnable à la fois financièrement que politiquement. Depuis l’expérience de l’Institut des Langues Nationales, nous savons que la politique linguistique n’est plus qu’une question de volonté. Nous en avons le courage. Ne perdons pas de temps.

Amadou Alpha BAH

Mantes La Jolie, le 19/02/2005

Guinée : la presse muselée par la junte au pouvoir

Déjà traduit en : Français
02 09 2009
Pays :
GUINEA
Catégories :
cndd, liberte dexpression

Le 31 août 2009, la junte militaire sous le Capitaine Moussa Dadis Camara plus que jamais décidée à confisquer le pouvoir, a interdit, par l'intermédiaire du Conseil National de la Communication (CNC), une institution étatique en principe indépendante, toutes les discussions à caractère politique sur les radios privées (déjà, il y a quelques jours, les opérateurs de téléphonie mobile ont été sommés de bloquer le service sms pour contrer des textos hostiles à la junte qui circulaient parmi les jeunes de la capitale). L'Union des Radiodiffusions et Télévisions Libres de Guinée a protesté contre cette grave atteinte à la liberté d'expression à travers le communiqué suivant :

Les membres de l'Union des Radiodiffusions et Télévisions Libres de Guinée viennent d'être saisis de la décision n° 014/SP/CNC/08/2009 en date du 31 août 2009 dont teneur suit :

« Le Conseil National de la Communication décide :

Article 1er: De l'interdiction d'évoquer, jusqu'à nouvel ordre, des sujets politiques dans tout type d'émissions interactives et ce, dans toutes les langues.

Article 2 : La présente décision qui prend effet à compter de la date de sa signature sera enregistrée et publiée partout où besoin sera.

Signé :

Le Président

Jean Raymond SOUMAH »

FIN DE CITATION

Les membres de l'Union des Radiodiffusions et Télévisions Libres de Guinée réunis ce mardi 01 Septembre 2009 en Assemblée Générale Extraordinaire expriment leurs vives préoccupations et leurs inquiétudes face à cette décision unilatérale du Conseil National de la Communication.

Cette décision du CNC qui méprise le décret de libéralisation des ondes et les Arrêtés d'application dudit décret viole le droit à l'expression libre du citoyen guinéen.

L'Union des Radiodiffusions et Télévisions Libres de Guinée proteste et condamne avec la dernière énergie cette décision du CNC qui s'inscrit en porte à faux avec la déclaration du Capitaine Moussa Dadis CAMARA, Président de la République, Président du CNDD, Chef de l'Etat, Commandant en Chef des Forces Armées lors de sa rencontre avec les élus locaux au Palais du Peuple le lundi 31 août 2009, déclaration au cours de laquelle il a solennellement mis en garde contre toutes menaces à l’encontre des radios privées.

L'Union attire l'attention de l'opinion sur les velléités manifestes du CNC de museler les radios privées et d'empêcher la libre expression du citoyen guinéen tant souhaitée par le Président Moussa Dadis CAMARA.

L'Union réaffirme son engagement à faire respecter l'éthique et la déontologie de la profession ainsi que les lois en vigueur.

En tout état de cause, l'Union se réserve le droit de saisir la Cour Suprême aux fins d'annulation de la décision du CNC.

Fait à Conakry le 01 Septembre 2009

Signé :

L'Union des Radiodiffusions et Télévisions Libres de Guinée