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Konngol Afirik

Une voix africaine dans le Net mondial

Le Mouvement Social Guinéen commémore le 22 janvier 2007

Déjà traduit en : Français
22 01 2010
Pays :
GUINEA

Entre janvier et février 2007, la Guinée avait traversé une période dramatique marquée par des grèves lancées par les syndicats et des manifestations exigeant un changement politique et de meilleures conditions de vie. Le régime moribond du Général Lansana Conté qui était alors près de l'effondrement avait reprimé le mouvement dans le sang, avec le soutien de cette même soldatesque qui se saisit du pouvoir le 23 décembre 2008, un jour après la disparition du vieux président. Voilà la déclaration du Mouvement Social Guinéen à ce sujet :

Le peuple de Guinée a vécu, le lundi 22 Janvier 2007, il y a de cela trois ans jour pour jour, une barbarie sans commune mesure perpétrée par des éléments en uniforme de la garde présidentielle.

D’innocentes personnes furent tuées, des jeunes et des femmes mutilés à vie, des responsables et militants syndicaux arrêtés, maltraités et emprisonnés, bref des violences furent commises sur toute l’étendue du territoire national.

Souvenons-nous de ce lundi noir 22 janvier 2007, qui nous rappelle ces autres journées noires que sont le lundi 12 Juin 2006, celui du 28 Septembre 2009 au Stade du même nom.

Les responsables des centrales syndicales, de la société civile et des religieux, compatissent à cette tragédie et s’en souviendront pour toujours.

Il convient de noter que pendant ces douloureux événements, la communauté nationale, Africaine et internationale s’est fortement mobilisée pour soutenir le Mouvement Social dans sa lutte pour l’avènement d’une véritable démocratie en Guinée.

A l’occasion de la célébration de cette journée mémorable, le Mouvement Social Guinéen exprime sa reconnaissance à l’endroit de tous ceux qui ont apporté leurs soutiens matériels et financiers à l’endroit des victimes de cette tragédie.

Pour marquer l’événement, le Mouvement Social Guinéen organisera des prières de compassion et de recueillement pour le repos de ces illustres martyrs.

Le Mouvement Social Guinéen se souviendra toujours de ces martyrs, car grâce au sacrifice de leur vie, le peuple de Guinée s’achemine vers l’amorce d’une véritable démocratie.

Le Mouvement Social Guinéen appelle l’ensemble de ces structures à resserrer les rangs et à rester toujours mobilisées pour que ce genre de tragédies ne se répète plus jamais.

Fait à Conakry, le 21 Janvier 2010

Mouvement Social Guinéen

La réapparition du Capitaine Dadis Camara

Déjà traduit en : Français
14 01 2010
Pays :
GUINEA

Le Maroc a expulsé en douceur Moussa Dadis Camara, chef de la junte guinéenne grièvement blessé par son aide de camp Aboubacar Diakité alias « Toumba », vers le Burkina Faso après plus d'un mois de traitement. La réapparition sur scène du bouillant capitaine, connu pour son instabilité psychique et ses écarts de language, et qui a mis son pays au bord de la guerre civile n'arrange personne, à part quelques inconditionnels qui le soutiennent soit par allégeance ethnique soit par intérêt économique. Le Général Sékouba Konaté semblait être un moindre mal. Il n'a pas l'air d'avoir des ambitions politiques, est beaucoup plus pondéré et moins bavard que Dadis.

Les Forces Vives (regroupement de la société civile et des partis politiques) risquent d'être prises au dépourvu si elles ne se dépêchent pas car une course semble désormais engagée entre l'aile dure du CNDD qui veut coûte que coûte ramener Dadis à Conakry et le réinstaller sur le fauteuil présidentiel et l'aile réaliste qui connait tous les risques d'un retour de leur chef au pouvoir : isolation de la Guinée sur le plan international, gel de toute aide et coopération, polarisation sociale et politique avec risque de guerre civile comme avertissait justement Bernard Kouchner.

Nous apprenons que le Général Sékouba Konaté, président par interim, tient actuellement un entretien à Ouagadougou avec Compaoré, président du Burkina Faso et facilitateur de la CÉDÉAO et Moussa Dadis Camara. Comme toujours, rien ne filtre de ces entretiens, ce qui contribue à accroitre les inquiétudes. Espérons que les deux hommes réussiront à convaincre l'encombrant capitaine de continuer sa convalescence à l'étranger.

Espérons aussi que les Forces Vives s'entendent rapidement sur un premier ministre au pouvoir élargi pour démarrer une transition apaisée.

Les pressions internationales (CÉDÉAO, Union Européenne, États-Unis) seront nécessaires pour convaincre les fidèles de Dadis, encore influents dans l'Armée, notamment le capitaine Jean Claude Pivi, Ministre chargé de la Sécurité Présidentielle (un poste qui n'existe nulle part ailleurs dans le monde), de collaborer.

Ce que je pense (2): Réflexions de Maitre Aminata Barry

Déjà traduit en : Français
18 12 2009
Pays :
GUINEA
Catégories :
camp boiro, cndd, pdg, sekou toure

J’ai écouté attentivement la déclaration du PDG par la voix de Monsieur Touré à l’occasion de l’anniversaire du 22 novembre, date fétiche pour le PDG.

A ce sujet, je crois m’en être expliquée dans mon bulletin « ce que je pense N°1 ».

Ma première réaction a été de qualifier ce discours de honteuse récupération.

Toujours à l’affût comme un renard sous le boisseau, incroyablement opportuniste et cynique, le PDG compte se refaire une virginité sur le dos du CNDD à la faveur du drame du 28 septembre.

Il faut reprendre du service n’est-ce-pas ?

En créant la diversion, le PDG a l’outrecuidance de prétendre distribuer les bons et les mauvais points en s’érigeant en arbitre.

Les maux ont de la mémoire. Votre symbole est l’éléphant réputé pour sa célèbre mémoire, mais vous, vous l’avez bien courte.

L’étude comparée du passé et du présent montre que le PDG est porteur du péché originel avec un passé criminel innommable. Il faut que la jeunesse sache que le PDG est la pire des alternatives offertes au peuple martyr de Guinée.

Aujourd’hui, il veut montrer patte blanche alors qu’il est l’ancêtre de tout ce qui nous arrive.

Ce péché originel se décline en plusieurs points :

Suivez-moi.

1 - Qui a introduit la politique au sein de nos Forces armées ?

2 - Qui a inversé la pyramide des grades au point qu’un simple caporal pouvait dire merde à un colonel parce que politiquement mieux achalandé ?

3 - Qui a sabordé les notions de hiérarchie, d’ordre et de discipline au sein de nos Forces armées ?

Sékou Touré est responsable de l’état dans lequel se trouvent aujourd’hui nos Forces armées.

Il faut que le PDG ait l’honnêteté intellectuelle et la probité de le reconnaître, ça serait toujours un pas en direction de la réconciliation nationale qu’il prône curieusement en cherchant à s’adjuger le leadership de la réconciliation nationale. Cette initiative relève d’une coquetterie indécente de la part du PDG et de son appendice le club AST.

Il faut qu’il s’entraîne à se sortir des thèses négationnistes en ne niant pas l’assassinat de plus de 50.000 guinéens par pendaison et diète noire y compris alors qu’aucun de nos textes ne prévoit ce genre de sanction.

Le PDG qui disposait d’une armada juridique complète, n’a pas hésité à fouler tous ces textes (les deux constitutions, le code pénal et le code de procédure pénale) pour massacrer autant de guinéens en inaugurant les charniers et les fosses communes.

Tout ceci relève du péché originel dont le PDG est porteur.

4 ème Péché originel - l’ethnocentrisme

Qui ne se souvient pas du discours incendiaire de Sékou Touré à l’endroit de l’ethnie peule au point de particulariser le Foutah par sa célèbre stigmatisation « la situation particulière du Foutah ».

Qui n’a pas lu le passage extraordinairement raciste et ethnocentriste sorti de la bouche d’un président de la République, chef de l’Etat et le parti de ce Monsieur veut donner des leçons d’ethnocentrisme et d’ethno stratégie.

De qui se moque –t-on ?

Qui veut-on abuser ? Certainement les nouvelles générations, proie ô combien facile pour ce dangereux prédateur qu’est le PDG.

5- le PDG est responsable de l’irruption de l’armée sur la scène politique d’abord parce qu’elle était politisée, ensuite parce que les responsables d’alors n’ont pas laissé s’appliquer la constitution qui avait prévue le cas de vacance de pouvoir qui devait être assuré par Lansana Béavogui.

C’est ça l’histoire, les générations doivent le savoir et le PDG doit dire la vérité s’il est sincère dans sa démarche.

Il faudrait que les nouvelles générations se posent une question. Si le PDG était aussi fort et que l’adhésion populaire lui était irrésistible comme il le prétend, pourquoi s’est –il écroulé comme un château de carte après la disparition de son leader ? La réponse c’est parce que c’était une dictature sanglante, impitoyable où toutes les libertés étaient étouffées dans l’œuf.

Un groupe a réussi à prendre un peuple en otage pendant 26 ans avec les moyens financiers de nos minerais et je répète encore une fois qu’un audit sur toutes les conventions passées sous la première République vu l’état de notre pays après 50 ans s’impose.

Il s’agit d’une faillite de 50 années que tout le monde est entrain de payer.

A l’attention des nouvelles autorités, je voudrais lancer une mise en garde en direction du Ministre de l’Information responsable des médias d’Etat. La provocation à l’égard d’une autre catégorie de victimes doit cesser ou alors il faut rééquilibrer l’équation pour permettre aux victimes du Camp boiro d’user de leur droit de réponse sur la tribune de ces mêmes médias d’Etat.

Une interdiction vient d’être faite en direction de toutes démarches propagandistes. A bon entendeur salut Monsieur le Ministre de l’information.

Je voudrais rappeler à Monsieur Touré que la Guinée n’est pas le Gabon encore moins le Togo au cas où.

Pendant la grande messe organisée par le club AST dans le local d’Etat du palais du peuple pour la promotion d’un livre, démarche tout à fait privée, mercantile, alimentaire et propagandiste. Certains éléments « perturbateurs » de victimes du camp boiro, c’est l’expression utilisée par le journaliste commentateur du journal télévisé de 20 heures le 23 novembre, se sont démocratiquement invités. Personnellement, je n’y serais pas allée parce que ce genre de rassemblement est endogène, consanguin et convenu où la contradiction, la discussion démocratique auraient cédé la place aux injures de parents où même les mamans n’auraient pas été épargnées.

Dans ce cas, ils se seraient d’avantage disqualifiés pour prétendre organiser une messe de réconciliation nationale en décembre.

NOUS, nous avons été bien élevés. C’est pour cela que nous nous sommes retenus jusqu’à maintenant.

Le PDG est plus chanceux que le CNDD parce que les temps ont changé, rien ne peut plus se faire à huis clos. Il y a un droit d’ingérence et nous sommes dans un village planétaire où tout s’imbrique.

Maître BARRY AMINATA

Fille de BARRY DIAWADOU

ASSASSINE AU CAMP BOIRO EN 1969 PAR SEKOU TOURE.

Ce que je pense (1) : réflexions sur le régime dictatorial de Sékou Touré, de Maitre Aminata Barry

Déjà traduit en : Français
02 12 2009
Pays :
GUINEA

Je ne comprends pas que le PDG et son appendice, le club AST (Ahmed Sékou Touré) fasse de l’agression du 22 novembre son Dada préféré.

C’est ce que l’on appelle « enfoncer une porte ouverte ».

Personne, pas même les victimes du Camp Boiro, ne met en doute ce fait historique qui marque une étape charnière dans la densification de la répression sanglante qui s’est abattue sur notre peuple qui en a payé un lourd tribut.

L’agression n’était même plus une probabilité parce que Sékou Touré en était le metteur en scène.

Autrement, pourquoi avoir ordonné le transfèrement des prisonniers du PAIGC de Amilcar Cabral de Mamou, où ils étaient en sécurité et hors de la portée des Portugais, pour Conakry (à la Minière) contre l’avis de Cabral ?

C’est une zone d’ombre que le PDG dans son énergie somnolente gagnerait à éclaircir en toute bonne foi.

A force de rabachis, ces nostalgiques grabataires du PDG ne se rendent même pas compte que l’opinion est atteint de saturnisme à force d’entendre égrener le sempiternel discours que l’on ne prend même plus la peine de dépoussiérer.

L’état d’impréparation des compatriotes Guinéens indûment qualifiés de mercenaires, car guinéens, ils l’étaient, était manifeste.

Autrement, comment expliquer que ni la Radio (Voix de la Révolution) ni Sonfonia, points stratégiques n’ont pas été attaqués. Et donc, tout le monde a payé cette improvisation.

Les portugais eux, ont fait un parcours sans faute parce qu’ils étaient, pour leur part, en intelligence avec Sékou Touré.

Le fait pour les Guinéens de n’avoir pas revendiqué cet acte a permis la qualification juridique de mercenariat et d’agression.

Je ne comprends pas d’avantage que le PDG fasse du 22 novembre « leur chose » à eux tout seul.

Ils sont tellement en mal de reconnaissance qu’ils pensent pouvoir fédérer autour d’eux l’opinion publique à la seule évocation de cette date fatidique qui concerne tout le peuple de Guinée, nous y compris, ne leur en déplaise.

Galéma moins la dextérité d’un funambule, avait tenté lors de son passage à Familia FM de trouver un semblant de base légale aux assassinants de la révolution. Ainsi, à la question du Journaliste qui lui opposait la loi d’alors permettant un jugement des détenus, il a botté en touche en s’appuyant sur les Tribunaux révolutionnaires improvisés opportunément avec le régime d’alors. Tout en reconnaissant qu’on a pu prêcher par précipitation (du funambulisme, je vous dis !).

Pour être plus sérieuse, j’en appelle juste au bon sens.

Si Sékou Touré était tellement sûr de son affaire et compte tenu de sa force de frappe.

Pourquoi a-t-il choisi de juger les « Accusés » à huit clos et sur bandes magnétiques falsifiables à l’infini ?

Pourquoi ne les avoir pas fait comparaître devant ces Tribunaux populaires devant tout le monde ?

Faisons un parallèle avec certains faits historiques :

1- les événements des mutins des 2 et 3 février.

Des faits avérés, un palais en flamme, les accusés ont eu droit à un procès loyal et contradictoire.

L’issue des peines ne laissait aucun doute avec un procureur militaire. Des avocats de la défense venus d’ailleurs. On se serait crû sous d’autres cieux, pas d’exécution sommaire, point n’est besoin de s’y étendre, tout le monde en connaît l’issue, rien que des peines de temps.

2- la rébellion venue d’ailleurs, on aurait pu inventer une cinquième colonne (complicité de l’intérieur) et arrêter tous les opposants.

3- et même le procès des gangs que Sékou Touré n’aurait pas hésité à habiller en procès politique pour assassiner encore les guinéens.

Avec lui le pas était vite franchi, on aurait donné un autre baptême à ce complot.

Tout ceci pour dire que tous ces complots ont servi d’alibis pour éliminer les élites militaires, civiles, administratives, gendarmes, douanières, etc... jusqu’au petit tailleur ou colleur de pneus dans cette paranoïa.

Que le PDG et son appendice soient embarrassés par la multitude de charniers et fosses communes qui jonchent le territoire national ; Qu’ils ne puissent pas expliquer que ce massacre soit le fait d’un clan familial, Sékou Touré, certains éléments de sa famille et sa belle famille.

Qu’ils en soient obligés de chercher à se fondre dans le creuset du grand manding pour tenter de s’y diluer. C’est une habile stratégie pour se faire du monde alors qu’on ne les compte même pas sur les dix doigts de la main, doigt du pied compris pour faire gentil.

Je suis d’autant plus à l’aise de parler de mes frères du Manding parce que je suis de Dabola et donc je n’ai pas tété le biberon de l’ethnocentrisme.

Par la grâce de Dieu, le confusionnisme ne marchera pas, on saura faire la part des choses et le PDG a beau se calfeutrer derrière le Manding, on saura séparer le bon grain de l’ivraie.

A toutes fins utiles, je crois savoir que l’acte constitutif du Manding prône le respect des droits de l’homme que Sékou Touré a allègrement violé.

Les griots du Manding savent que les cloisons ont été cassées pour introduire le Sanakouya qui prône la détente démocratique.

Je souhaite revenir sur l’incohérence de Monsieur Galéma :

A la restitution des corps des assassinés de Cosa, j’étais présente dans la salle et son discours a été longuement applaudi y compris par moi.

Je ne comprend pas qu’il veuille mettre autant d’énergie à retrouver les autres disparus, à exiger que toute la lumière soit faite pour cette portion de l’histoire sans être en harmonie avec les Victimes du Camp Boiro qui entendent retrouver des leurs, et que toute la lumière soit faite sur ces parodies de procès qui ont engendrer tous ces massacres.

Alors qu’aucun texte, de la constitution au code pénal ne prévoit de l’assassinat par diète noire, par pendaison, par ensevelissement, etc...

Si la peine de mort était prévue, la torture et les modes de liquidation utilisés par Sékou Touré n’ont jamais été édictés, c’est pour cela que nous reviendrons sur ces jugements.

Le logiciel des tenants du PDG obéit à une logique, toujours la même :

1) affirmer qu’il y a eu complots avec comme document essentiel la piscine, etc ... dont comme corollaire la boucherie humaine qui en a suivi.

2)si la Guinée de Sékou Touré n’a pu rien faire, c’est parce que « la petite France » a mis le Turbo en permanence pour boycotter son développement.

Ce que la génération de maintenant doit savoir, c’est que le départ de la France a permis une substitution plus que juteuse pour la Guinée par la Coopération venue d’ailleurs.

L’aide provenait essentiellement des Etats-Unis.

Les contrats miniers remontent à quand ? Et le cours de la bauxite à l’époque s’élevait à combien ?

On ne parlait pas à l’époque de détérioration de termes de l’échange.

Et je ne parle même pas de l’assistance financière venue du bloc des pays de l’est piloté par l’union soviétique sans compter la chine.

A tout ceci, il faut ajouter les pays arabes, la Guinée a été le plus grand bénéficiaire de la générosité de la umma islamique. Ainsi, de gros moyens ont été injectés sur la Guinée de Sékou Touré sans qu’il n’y ait aucun impacte sur son développement.

Cette coopération contrebalançait complètement l’aide de la petite France.

Qu’on arrête de justifier le retard de la Guinée par la défaillance française.

Si on pouvait faire un audit rétroactif en posant le diagnostic de ce que fut la coopération entre la Guinée et tous les pays cités ci-dessus, on aurait eu de vertiges.

En conclusion, si Sékou Touré, après avoir assassiné tout ce monde, avait proposé des infrastructures de base (ponts, routes, désenclavements, hôpitaux, Universités, lycées, aéroports digne de ce nom, agrandissement du port etc .... au lieu de tuer pendant vingt six ans, moi j’aurais accepté ce qui m’est arrivée parce que là je me serais dit quelque part que les comploteurs voulaient l’empêcher de travailler, mais nous avons perdu pour rien et ça, c’est douloureux.

J’ai écouté avec intérêt Madame Hadja André sur Africable.

J’ai toujours du respect pour une mère. J’en ai eu une et j’en suis une. Mon éducation me l’impose.

Une autre considération m’amène à beaucoup d’indulgence, c’est le fait qu’elle ait fait de la prison, y compris ses enfants. Je suis victime jus sanguinis d’une répression d’état, je suis juriste et en cette qualité, je m’élève contre toute translation de faute pénale et politique.

Ni les compagnes, ni les enfants n’ont à payer pour ce que le père est présumé avoir fait, même si, après un jugement, fût ce–t-il de parodie ou en bonne et due forme, sa culpabilité est établie.

Hadja André était la compagne de Sékou Touré, auteur de tous ces crimes, elle sait que nos mères et leurs enfants à bas âge ont été chassés de leurs concessions manu militari et sans bagages.

Certaines de nos mères étaient en grossesse (Madame Petit Touré qui a accouché au Camp Boiro, de l’enfant dénommé Youssouf, Hadja Guinèe minguê paix à son âme, épouse de feu Aribot Soda, l’hôtesse de l’air Madame SY qui a accouché au Camp Boiro).

Elle devrait, à défaut de garder un silence pudique, refuser d’être l’otage de certains saprophytes et pyromanes qui n’ont plus rien à manger si ce n’est dans le creux de sa main.

L’invitation qui nous avait été transmise au débat du 22 novembre, nous est parvenue à la veille si ce n’est le jour même, c’est avec plaisir que nous aurions honorés de notre présence cette invitation.

Nous n’avons pas l’habitude de nous défiler Madame.

Comme échange de bons procédés, accepteriez-vous de commémorer avec nous les pendaisons du 25 janvier prochain ?

Nous vous transmettrons très tôt l’invitation et parmi les thèmes qui seront entre autre retenus, il y aura les droits de l’homme et la torture et autres modes d’élimination sous le régime de Sékou Touré.

S’agissant de vous et considérant tous les motifs que j’ai évoqué plus haut, je ferme définitivement la polémique et ne répondrais à aucun coup de pieds d’un âne par procuration.

Maître BARRY Aminata

Notaire

Fille de feu Elhadj BARRY DIAWADOU

ASSASSINE EN 1969 PAR

SEKOU TOURE.

Dialogue pour le maintien du status quo ?

Déjà traduit en : Français

« Même si je quitte le pouvoir, c’est un autre militaire patriote qui viendra prendre ma place ». Voilà ce que disait en substance Cap. Moussa Dadis Camara après le retour de la délégation du CNDD de Ouagadougou où des émissaires de la junte étaient partis soumettre leurs propositions de sortie de crise au facilitateur de la CEDEAO Blaise Compaoré la semaine dernière. Continuant ses élucubrations, il dira même tenir le pouvoir de Dieu, comme son père spirituel Lansana Conté. Cela est donc sans équivoque : les militaires guinéens considèrent le pays comme leur propriété et ils ne sont pas prêts de lâcher prise et d’accepter une alternance démocratique. Curieusement, ceux qui ne nous ressassent les mérites du dialogue n’ont pas réagi à ces paroles horripilantes du chef de la junte de Conakry. Ce n’est pourtant pas nouveau. En effet Moussa Keita, un des faucons du régime, avait annoncé à Nzérékoré, province natale de Dasis : « Dadis ou la mort ». La formule est malheureusement devenue réalité le 28 septembre 2009. Le même Moussa Keita a dit et repété plusieurs fois : « Les élections n’ont jamais servi à quelque chose en Afrique. À quoi bon organiser des élections et faire un coup d’État le lendemain ?»

Cela signifie donc que le CNDD n’a rien modifié de son plan de s’installer durablement au pouvoir quelque soit le prix que le peuple de Guinée doit payer. Le soi-disant dialogue de Ouagadougou n’est qu’un subterfuge pour gagner du temps et un semblant de légitimité.

Quelle issue pouvons nous attendre de la médiation de Compaorè ? Probablement une formule boiteuse genre gouvernement d’union ou d’ouverture comme on en a vu au Togo, au Kenya, au Zimbabwé. Elle ne semble pas fonctionner dans ces pays (au Togo elle a même stabilisé le pouvoir de la dynastie Éyadéma), le problème principal étant que les potentats africains ne supportent pas l’idée d’un partage du pouvoir. Ce n’est pas le chef de la junte guinéenne qui y fera exception. Il a déjà démontré qu’il s’accommode mal d’un premier ministre, même mou et effacé comme Kabinet Komara. Comment acceptera t-il un premier miniistre ou vice-président qui détiendra une partie de ses prérogatives actuelles, notamment la régie sur les secteurs « juteux » de l’État ?

Un gouvernement d’union avec un partage équitable du pouvoir est tout simplement impossible avec Cap. Moussa Dadis Camara, à moins qu’il ne soit limité à la transition et que le chef de la junte s’engage par écrit à renoncer à sa candidature aux élections. Tous ses comportements du passé et du présent démontrent sa réfraction aux idéaux de la démocratie. D’ailleurs, que ferait-on au cas où la commission d’enquête internationale le trouvait coupable dans le massacre du 28 septembre ? Il serait naïf de croire qu’il se livrera lui-même à la Haye. Le problème de la sécurité des enquêteurs et des témoins se pose aussi. Donc, la CEDEAO ou l’Union Africaine devront tôt ou tard penser à une force d’intervention inter-africaine car cette soldatesque sans foi ni loi ne connait que la force.

Sevices contre les journalistes en Guinée

Déjà traduit en : Français, English
11 11 2009
Pays :
GUINEA
Catégories :
cndd, guinee, liberte de la presse

Le régime de Capitaine Moussa Dadis Camara n’a jamais été tendre envers les journalistes critiques mais depuis les évènements du 28 septembre dernier, le régime étant aux abois, il multiplie les assauts contre ceux qu’il estime être co-responsables de ses malheurs. Beaucoup de journalistes reçoivent régulièrement des brimades et même des menaces de mort. C’est ainsi que messieurs Amadou Diallo et Mouctar Baldé, respectivement correspondants de la BBC et de RFI en Guinée ont dû récemment quitter le pays et se réfugier au Sénégal voisin.

Un autre journaliste, Mr. Talibé Barry de l’hebdomadaire L’indépendant, a reçu selon plusieurs sites Internet guinéens une convocation pour aujourd’hui mercredi à la Gendarmerie Nationale. Un des ses derniers articles thématisait le problème des nombreux officiers emprisonnés arbitrairement depuis la prise de pouvoir par le CNDD de Capitaine Dadis et dont les familles n’ont aucune nouvelle. Ces officiers censés être proches de l’ancien président Conté sont considérés dangereux par le nouveau régime.

Si le régime de l’inénarrable capitaine perdure, il faut s’attendre à d’autres sevices contre la presse libre car il ne tolére que les journalistes qui le flattent, quitte à acheter leur conscience par des millions prélevés sur le budget de l’État.

Mon pauvre Dadis (texte de Venance Konan, « conseiller » très spécial de Dadis)

Déjà traduit en : Français
04 11 2009
Pays :
AFRICA
GUINEA
Catégories :
dadis, guinee, venance konan

Là, mon pauvre Dadis, je ne sais plus ce que je peux faire pour toi. Toi aussi ! Je t’avais dit de donner des marchés juteux aux Chinois. Tu l’as fait, mais tu aurais dû en donner d’aussi juteux aux Américains et aux Européens, EN MEME TEMPS. Je ne te l’avais pas écrit, mais tu aurais pu le comprendre tout seul tout de même ! Maintenant tu as les Américains, les Européens et la Cour Pénale Internationale sur le dos.

Je ne sais vraiment plus comment tu vas t’en sortir maintenant, mon pauvre Dadis. Ta tragédie personnelle illustre malheureusement à merveille celle de notre continent. C’est chez nous que l’on croit que le poste de président de la République peut être occupé par n’importe qui.

Aucun d’entre nous ne monterait dans un véhicule conduit par une personne qui n’a jamais touché à un volant, mais nous sommes prêts à suivre le premier soudard qui prend le pouvoir par les armes. Il est vrai que nos peuples n’arrivent jamais à distinguer entre celui qui sait conduire une voiture et celui qui n’a pas de permis de conduire, et on leur a toujours fait prendre des vessies pour des lanternes. Mais entre nous, Dadis, qu’est-ce qui, dans ton parcours, t’a fait croire que tu avais les compétences pour diriger le peuple de Guinée ? Tu avais peut-être bien observé ton prédécesseur que les Guinéens avaient surnommé Bouki, le nom de l’hyène qui dans nos contes symbolise la stupidité, et tu t’es dit un jour que si gouverner un pays, c’est passer ses journées à recevoir des gens, leur distribuer de l’argent et réprimer tous ceux qui se plaignent, tu pouvais toi aussi le faire. Et lorsque Conté est mort, le hasard a voulu que le pouvoir tombe entre tes mains. A moins que tu ne te sois mis en embuscade pour le prendre, le moment venu. Qu’il avait tant raison, Obama, lorsqu’il disait à Accra que les Etats n’ont pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes. C’est parce que nos institutions n’ont aucun fondement que lorsqu’un chef d’Etat meurt, on se bat pour lui succéder, ou que le pouvoir tombe dans des mains aussi grossières que les tiennes. Dans le reportage que t’avait consacré la chaîne France 24, tu t’étais exclamé, pendant que tu étais dans ta voiture avec la journaliste : « le destin ! C’est phénoménal ! » Oui, le destin est phénoménal lorsqu’on arrive à le saisir et à l’orienter pour faire des choses positives. Tu sais, chacune de nos vies est un destin. Un destin qui, pour la plupart d’entre nous, est tracé d’avance et laisse peu de marque dans l’histoire. Un homme commence par exemple comme instituteur, passe directeur d’une école primaire, finit inspecteur de l’enseignement primaire, prend sa retraite et meurt. Et l’histoire finit par effacer toute trace de cet homme. Mais il peut arriver des évènements extraordinaires qui infléchissent le cours de ce destin. Tu étais un capitaine, pompiste de l’armée, et tu traficotais tranquillement dans ton coin sur les bons d’essence. Tu aurais pu continuer ainsi, finir colonel et prendre ta retraite avec tes trois ou quatre femmes dans une belle maison que tu aurais achetée avec le fruit de tes trafics. Mais ton destin a voulu que celui du peuple guinéen soit remis entre tes mains. Tu aurais pu avoir l’humilité de dire que la charge était trop lourde pour toi. Tu me diras que c’est facile pour moi de le dire, moi qui n’ai pour destin que d’écrire ces mots que personne n’est obligé de lire, et entre les mains de qui aucun pouvoir d’Etat ne tombera jamais. Tu auras peut-être raison. Tu aurais pu avoir la sagesse de t’en tenir à tes premières déclarations, et conduire tranquillement la transition jusqu’à ce que ton peuple élise un nouveau président. Tu serais alors entré dans l’histoire de ton pays par la grande porte. Tu n’as malheureusement pas su tirer de leçon de ce qui est arrivé à Robert Guéï en Côte d’Ivoire. Et tu as décidé d’endosser le costume de président qui, à l’évidence, était trop large pour toi. Et le pouvoir t’a rendu fou. Je dirai à ta décharge que tu n’es pas le seul dans la région à avoir endossé un costume présidentiel trop grand, pour le plus grand malheur de millions de personnes. Je sais que tu diras que ce qui t’arrive est injuste, que tu n’es pas le seul à avoir fait tirer sur des manifestants, qu’il y en a qui ont créé des escadrons de la mort, qui ont tué des gendarmes aux mains nues et leurs enfants, qui ont enfermé des hommes dans des containers exposés au soleil jusqu’à ce que mort s’en suive, qui ont violé des femmes et pillé des régions entières. Je sais tout cela. Mais c’est le destin, Dadis. Le destin. Qui peut dire qu’il le maîtrise totalement ? Qui sait comment cela se terminera pour ceux-là ? Tu sais, la justice des Blancs est parfois lente, mais jamais amnésique. Tu as vu ce qui arrive à Roman Polanski ? On vient de l’arrêter pour une histoire de relation sexuelle avec une mineure, 33 ans après. Tu ne sais pas qui c’est ? C’est vrai qu’il n’y a pas d’électricité, donc pas de cinéma à Conakry. Et l’affaire Ben Barka qui revient à la surface plus de 40 ans après ! Tu ne sais pas non plus qui c’est ? Là, tu exagères un peu. Et avec ça tu voulais diriger un pays ! Mais ce n’est pas grave. Ce qui te reste à faire, mon pauvre Dadis, c’est de renoncer à être candidat, et de demander pardon au peuple guinéen. Dis- lui que tu n’as pas voulu que les choses se passent ainsi, que tu as été piégé, que tu sanctionneras ceux qui ont commis ce crime. Verse quelques larmes de repentir. Va voir les chefs religieux, les chefs de village. Qui sait ? Le peuple te pardonnera peut-être et te laissera conduire la transition jusqu’à son terme. Moi, je vais être obligé de faire comme tes ministres et conseillers. Je vais te quitter pour que tu ne m’entraînes pas dans ta chute. Mais je te promets que si tes marabouts et féticheurs arrivent à sauver ta tête, je serai à nouveau à tes côtés.

Par Venance Konan (écrivain ivoirien)

Voir aussi l’interview de l’écrivain avec RFI : http://www.dailymotion.com/video/xaw2xs_venance-konan-invite-afrique-sur-rf_news

Plaidoyer pour une nation en faillite (une analyse de Ourouro Bah)

Déjà traduit en : Français
22 10 2009
Pays :
GUINEA

Les récentes résolutions de la CEDEAO sur la Guinée viennent s’inscrire dans la panoplie des traditions de sanctions difficiles à mettre en œuvre. Leur lecture laisse tout guinéen quelque peu dubitatif avec un sentiment d’insatisfaction ; les réactions de gouvernements criminels comme la Lybie qui voient d’un mauvais œil l’immixtion de l’étranger rendront presque impossible l’application des sanctions. Sans minimiser le fait tout aussi vrai que tout guinéen restera à jamais redevable à l’opinion internationale des outrages exprimés et du soutien moral, il ne faut pas surestimer l’impact des actions à partir de l’étranger.

L’insatisfaction que procure les déclarations de sanctions et des commissions d’enquêtes, vient plus des prémisses sur lesquelles elles sont fondées que de leur caractère nécessairement limité. Ces prémisses sont, en l’occurrence, une erreur d’appréciation fondamentale de la spécificité de la société guinéenne et de son histoire.

En premier, la diplomatie assume qu’en Guinée il y a un état. En réalité il n’y en a pas. Du PDG avec son concept creux et fascisant de Parti-État, en passant par le CMRN avec sa kleptomanie et son affairisme invétéré jusqu’aux délires du petit capitaine, il n’y a pas eu d’état dans ce pays. Dans le sens où l’on entend par état la structure administrative qui fonctionne pour policer la nation, il n’y en pas eu. Partant, tous les titres pompeux qu’on donne aux fonctionnaires guinéens sont une imposture masquant l’incurie sous le voile de la mauvaise conscience. Ce qui s’est fait de bon dans le pays en 51 ans l’a été grâce à l’abnégation des citoyens : les enfants réparent les routes carrossables pour se faire un peu de sous, les paysans se regroupent en coopératives modernes où traditionnelles pour survivre, les jeunes s’exilent pour entretenir leur familles. Les parents payent les bancs pour que leurs enfants s’asseyent à l’école, la diaspora envoie l’argent pour soigner les malades et nourrir les familles dans les villages. Cette situation de débrouillardise et de précarité, cultivée et entretenu par l’état, a fait de chaque fonctionnaire un rentier sur les biens qui sont censés être publics : prébendes, concussions et pots-de-vin, tout est toléré dans ce laisser-aller fait pour compromettre les élites, souiller les âmes et leur ôter le courage de se révolter. Cela explique les tournures gênées des dirigeants de l’opposition guinéenne, presque tous anciens ministres de Conté, à dénoncer les dérives de Daddis. Dans cette anarchie institutionnalisée, seul est crime la réclame du partage du pouvoir, ou d’un peu de démocratie. Il est inutile de se refugier dans le passé, car autant que l’on peut se souvenir, cela a été toujours le cas. De la « cinquième colonne », au complot peulh, à Kaporo, à Alpha Condé, à Mamadou Ba, aux victimes des tueries récentes, le seul crime punissable a été de demander des comptes aux gouvernants. Les prédateurs qui rodent encore dans le pays ne sont que la preuve, à contrario, de cet état de fait. Les fonctionnaires pendus pour avoir refusé de chanter les fausses gloires des chefs la confirmation.

La seconde erreur d’appréciation à laquelle se heurtent les diplomates c’est de croire qu’il y a une armée en Guinée. Cette assomption a permis à un moment de rêver de divisions en son sein et d’encourager un sursaut de conscience de certaine factions. Cela a été un leurre qui fut entretenu par Conté comme tactique de survie. Il opposa des factions de sbires pour mieux les neutraliser. Les hommes en uniforme de la Guinée ne sont qu’un ramassis de ratés, condition originelle qui fait d’eux les voleurs et les criminels que nous connaissons. Historiquement et pour le pire se rend-t-on compte, l’armée a été le dépotoir de la société. Exception pour un intermède des années soixante où il eut un corps d’état de l’armée composé de quelques cadres et dans les années 90 où des éléments de l’université furent enrôlés. Au temps colonial, l’armée fut principalement peuplée d’hommes de castes. Avec l’indépendance, elle fut le lot des échoués de la société ; les enfants impossibles et les mauvais élèves s’y retrouvèrent en masse. La sociologie de tout groupe n’est possible qu’avec des généralisations. Les exceptions d’officiers éduqués et raffinés que l’on serait tentées de citer ne font que confirmer le fait aberrant qui fait que notre pays a confié l’exercice de la violence légale à la lie de la société. Ce ramassis sort de la réserve et offre au monde des images surréalistes: son chef en caleçon, un sbire déclarant devant une camera de journalistes étrangers qu’il utilise l’arme pour assouvir ses désirs, des interviews de Pivi traitant un général de « machin », les ignobles actes de viols en plein jour. La conclusion qui s’impose est que ceci n’est pas une armée.

Les hésitations des diplomates à voter une résolution d’envoi d’une force d’interposition pour mettre hors d’état de nuire cette chienlit n’en sont que surprenantes pour le guinéen moyen. Les femmes violées l’on demandé ; les citoyen ordinaires le demandent ; les Forces Vives le demandent. Même ceux qui doutent - étant donné des expériences du passé dans les pays voisins - de l’efficacité des interventions des troupes africaines savent qu’elles sont un moindre mal. Un bataillon de professionnels ne fera qu’une bouchée de cette vermine. La possibilité d’un précédent d’ingérence humanitaire nous est offerte en Guinée aujourd’hui. On peut discuter des modalités de l’intervention militaire, de son financement, de sa composition, de sa durée, mais il est moralement insoutenable de disputer son opportunité et sa nécessité. Hélas ! le Liberia nous rappelle amèrement que la réalité diplomatique est un monde où de savants dosages travaillent contre le bon sens. C’est après 9 ans de boucherie inhumaine que Colin Powell suppliant le président américain, put organiser une intervention des marines. Quand le bateau fit son apparition au large de Monrovia, la guerre prit fin. Il est navrant de constater qu’il fallut tant de dégâts pour que les américains interviennent dans l’état qui leur est le plus proche en Afrique. Il est effrayant de voir jusqu’où les manœuvres diplomatiques fondées sur des mauvaises prémisses peuvent empêcher des actions salutaires et de moindre coût pour des millions d’innocents.

Le leurre de la souveraineté nationale qui agit comme un paravent pour dissimuler l’imbécilité en treillis ou en boubou blanc et érigé en emblème nationale, vient s’ajouter à ce tableau déjà peu reluisant. La souveraineté nationale chatouilleuse a été la rengaine de toujours des guinéens. Il y eut d’abord l’oxymoron de liberté dans la pauvreté, l’illusion ridicule de nation d’avant-garde de l’Afrique que s’est soldée dans la capitale la sombre de l’Afrique, ensuite le sacro-saint et fallacieux mythe de richesses naturelles convoitées par « l’impérialisme international ». Cet exhibitionnisme chatouilleux de jeune fille prude en mal d’admiration masque mal le vide sur lequel la nation navigue. Il agit comme un phénomène de compensation collective. Dans le dénuement honteux dans lequel les cadres guinéens se retrouvent face à des nations moins dotées par la nature, l’exaltation des richesses potentielles et d’une dignité cachée sont les seules médications de secours. Ils sont les symptômes d’une société qui refuse de faire face à ses choix erronés. Par inadvertance ou par tricherie, on préfère faire semblant de vivre dans une société normale, voire une république dont la face longuement cachée dans la fange du m’as-tu-vu, vient de se montrer. C’est sur cette fuite en avant que s’alimentent les phantasmes de solutions rapides de la crise qui gangrène le pays. On entend souvent dire : « Il suffit qu’il y ait des élections libres. Il suffit qu’un homme instruit vienne au pouvoir. Il suffit qu’on exploite le fer du Nimba etc.»

Il suffit d’un honnête officier de l’armé disait-on l’année dernière. C’est la corde que tira Daddis pour caracoler au pouvoir pendant 9 mois avant le funeste jour où il montra sa nature sanguinaire. « Il suffit de...», ou « il n’y a qu’à … » sont des slogans typiquement guinéens, des signes troublants de tares d’une nation dirigée par une élite écervelée à la mémoire courte et incapable de l’admettre. Une nation qui veut à tout prix oublier ses morts innocents, les crimes commis, les tombes anonymes, les procès outranciers, les injures des ethnies, les famines organisées pour s’adonner à la danse sur le son funèbre d’une fraternité illusoire qui se résout dans les crimes au grand jour. On a entendu encore des gens dire après le 28 Septembre 2009 que Lansana Conté n’a pas été si sauvage. En 2007 les mêmes personnes avançaient que même Sékou Touré n’a pas osé faire çà, oubliant la filiation directe des maux entre les démons du passé et de ceux du jour ; dans cette spirale de la décadence sans fin et devant un avenir trouble, les jours passés sont toujours les meilleurs.

Pour ne pas alourdir la liste, une autre erreur d’appréciation est de croire qu’il y a une opposition en Guinée. Il n’y en a pas. La pléthore de partis politique, les caciques de l’ancien régime qui vendent la pacotille de changement ne font que se bousculer vers le portillon du pouvoir et le garde-manger du trésor public. Un parti politique existe au regard d’un électorat. Quand il n’y a jamais eu d’élections propres, entretenir l’idée de partis est une fiction et une illusion de normalité. Ce qui eut été approprié dans les circonstances actuelles serait une guérilla pour traquer les assassins. Cette option salutaire ayant été soigneusement écartée du discours, les bonnes volontés se fourvoient dans des chapelles et des sectes ethniques basées sur des affinités douteuses, sans socle idéologique ni un programme minimal de changement. Admettre ce vide serait un premier pas vers une solution politique qui consisterait à :

1) Engager un débat dans une conférence nationale où l’on pratiquerait une catharsis collective afin de faire le point sur les crimes tabous et les criminels en liberté. Les méfaits reconnus seront pardonnés ou punis avec la loi et qu’on en finisse avec l’impunité malsaine.

2) Voter par référendum une constitution adaptée aux réalités nationales.

3) Organiser des élections locales pour réduire la pléthore de partis avant de parler d’élections législatives et présidentielles. Un processus d’au moins 5 ans. A défaut on ne fera que reconduire les pratiques du passé.

Les conclusions qui s’imposent sont : les populations guinéennes (simples citoyens, politiciens, journalistes etc.) sont les otages d’une mafia et de sa milice. Elles n’ont jamais eu les dirigeants qu’elles méritent.

Étant donné l’état de décomposition des forces de sécurité, seule une intervention extérieure pourra enrayer la dégénérescence dangereuse. Elle seule pourra réarmer le courage des quelques militaires professionnels mis à la retraite ou à l’écart. Une telle opération, indispensable du reste si l’on veut arrêter la plongée dans l’abime, peut-être menée à moindre coût. Au risque de paraitre naïf, on peut avancer que, comme au Liberia, sans tirer un coup de fusil, les voyous du camp Alpha Yaya vont fuir ou se fondre dans la population rien qu’a l’annonce du débarquement. Avec une préparation intelligente, de l’information précise et l’usage de la technologie, l’intervention peut-être raccourcie, les assassins éliminés et les forces extérieures accueillies en libérateurs.

Il restera toujours l’équation du nouveau leadership et des chances que les guinéens veulent se donner. Nulle armée ne fera ce travail à leur place. Ils ont besoin de jeter un regard sans complaisance sur leur histoire. Le 28 Septembre 2009 est la culmination d’un égarement entamé en un autre 28 Septembre 1958. Dans un enthousiasme juvénile et une atmosphère de carnaval, un peuple ramassa dans les urnes la libération sans payer le prix qui convient. Elle la monnaya contre des slogans creux et de la « ma maya » incessante. C’est l’ancienne puissance colonisatrice qui aujourd’hui s’égosille contre la barbarie que nous exhibons un demi-siècle après qu’on ait dansé et chanté que nous sommes l’avant-garde de l’Afrique. En ces jours de douleurs il faut que chacun batte sa coulpe pour avoir tant soi peu contribué à entretenir l’illusion macabre du développement sans effort et du progrès dans l’encouragement de l’ignorance. Si il y a quelque chose de bon qui doit sortir de cette épreuve c’est l’humilité de se regarder en face et d’admettre que nous avons tous failli. Nous n’avons pas été à la hauteur des promesses implicites ou explicites que nous avons faites de bâtir une nation. Où que l’on ira à partir de ce jour, il convient que l’on se tourne vers la communauté internationale et qu’on admette que l’on a démérité. Nous somme une nation en faillite ; un pays où il n’y a pas seulement une déliquescence économique mais aussi une banqueroute morale. Il n’y a rien de honteux à admettre cela. Le contraire serait cynique et diabolique. Même si on nous a fait croire que nous sommes dans la banlieue du monde, nous en faisons toujours partie. Nous venons humblement demander de l’aide. Si nous ne voulons pas être un autre Haïti, l’humilité s’impose. Le salut passera par taire nos prétentions futiles. Nous nous devons de faire pénitence pour quémander qu’on nous tire de l’ornière dans laquelle nous tournoyons. Nous ne savons pas comment nous protéger contre les hordes que nous avons enfantées. L’admission que l’indépendance nous fut octroyée permettra de dissiper les mythes de faux héros et de pays d’avant-garde. Nous nous sommes fourvoyés dans l’improvisation et la complaisance. Cinquante et un an après, quand les anciens premiers ministres ont des contusions et des blessures, il n’y a pas d’hôpital pour les soigner. Les cadres supérieurs ont fait d’une mode d’envoyer leurs femmes accoucher dans les cliniques étrangères ; de clamer dans les salons que leurs enfants sont américains ou français par droit du sol. Aujourd’hui, réalisent-ils le vide qu’ils ont contribué à créer ? Rien n’est moins sûr. Nous vendons, encore et toujours de la bauxite brute pour acheter des armes et du riz. Nos enfants fuient pour rejoindre ceux que nous avons prétendu avoir chassés.

Une fois les tares admises, nous devons faire vœux solennel de tirer les leçons qui s’imposent. Nous allons fouiller dans nos fosses communes pour sortir les vérités que nous avons enfouies avec des innocents. Nous arrêterons la duplicité d’accuser l’occident d’être le diable et de lui tendre la main sous la table pour des subsides. Nous arrêterons d’utiliser la colonisation comme justification de l’incurie, l’africanité comme refuge pour l’inculte, la famille comme alibi contre la responsabilité individuelle.

Une fois admis que notre pire ennemi c’est nous-mêmes, nous veillerons à filtrer les passages vers le pouvoir pour ne laisser passer que ceux qui sont sauront restaurer les valeurs bafouées du travail et de la créativité. Nous serons alors immunisés contre les solutions de facilité et la tricherie ambiante.

Nous n’accepterons plus jamais qu’un enfant non éduqué devienne une plaie qui empestera la vie de la communauté. Nous ne tolérerons plus que les innocents oubliés dans les fosses communes ou dans les cachots soient des fantômes qui troublent le sommeil et la paix dans la cité.

Seulement alors les prières du vendredi seront exaucées. Pour le moment elles ne sont que des incantations blasphématoires. Elles pourront alors nous réconcilier avec le vrai ; elles nous permettrons de laver nos consciences salies par des négligences coupables et la quête trompeuses de saluts personnels aux dépends de la nation. Si nous apprenons ces leçons les morts ne seront pas en vain.

Par Ourouro Bah

Manifestation contre le carnage du 28 septembre

Déjà traduit en : Français
20 10 2009
Pays :
GUINEA
Catégories :
cndd, manifestation, massacre
Manifestation contre le carnage du 28 septembre
Manifestants à Vienne

La communauté guinéenne d’Autriche et quelques sympathisants autrichiens ont manifesté le 15 octobre dernier contre le carnage du 28 septembre dernier. Malgré le froid et la neige de cet hiver précoce, les manifestants se retrouvèrent dès 10h à l’Albertina Platz (Place Albertina) non loin du musée du même nom, l’Albertina Museum, un des musés d’art les plus fameux de la ville de Vienne. Des slogans condamnant le CNDD et son président et exigeant une commission d’enquête internationale ainsi qu’un retour à la démocratie en Guinée furent lancés. Un discours expliquant les circonstances de la tragédie du Stade du 28 Septembre fut lu. Il a été transmis à la presse et aux organisations de défense des Droits de l’Homme travaillant en Autriche.

Malheureusement, à cause du mauvais temps, peu de passants se hasardaient à l’Albertina Platz ce jeudi 15 octobre. Les slogans criés et les terribles photos du carnage agrandies et exibées par des manifestaient attirèrent cependant l’attention de quelqus rares passants qui posèrent des questions. Un passant regrettera la couverture insuffisante de l’évènement par les médias autrichiens. L’Autriche étant un pays traditionnellement peu tourné sur l’Afrique, l’actualité de ce continent, surtout de sa partie subsaharienne, est pratiquement ignorée par la presse.

À Abuja, les « Forces Vives » rejettent toute négociation avec la junte

Déjà traduit en : Français, Fulfulde
13 10 2009
Pays :
GUINEA
Catégories :
cedeao, forces vives, guinee

Le Forum des Forces Vives de Guinée, une nébuleuse réunissant les partis de l’opposition, les syndicats, la Société Civile, rejette toute négociation avec la junte militaire accusée d’avoir perpétré les crimes du 28 septembre au stade du même nom. Voici leur communiqué publié à Abuja, capitale du Nigéria où les Forces Vives étaient conviées par la CEDEAO dans le but de dénouer la crise guinéenne :

À l'invitation de la CEDEAO (Communauté Économique des Etats d'Afrique de l'Ouest), une délégation du Forum des Forces Vives, comprenant des représentants de toutes ses composantes (partis politiques, syndicats, organisations de la société civile) a pris part à la 8eme session du Groupe International de Contact sur la Guinée (GIC-G), tenue au siège de la CEDEAO à Abuja, le 12 Octobre 2009.

À cette occasion, la délégation des Forces Vives a eu l'opportunité de faire aux membres du GIC-G, un exposé complet sur la situation en Guinée, surtout après les massacres commis par la junte militaire du CNDD, lors de la manifestation pacifique du 28 Septembre 2009.

Les Forces Vives ont réitéré leur appui aux efforts du facilitateur, son Excellence le président Blaise Compaoré. Toutefois, elles ont souhaité une claire définition des objectifs de la mission de facilitation.

Elles réaffirment leur rejet de toute négociation politique avec la junte militaire qui s'est totalement disqualifiée en se livrant à des massacres, des viols, des arrestations arbitraires et des exactions contre son propre peuple sans défense.

Elles confirment les exigences contenues dans le mémorandum remis au facilitateur et publié dans le communiqué n°6 comme préalables à toute discussion. C'est notamment la dissolution du CNDD et la mise en place d'un organe de transition qui désignera un gouvernement d'union nationale.

Devant les dangers réels d'explosion que recèle la situation actuelle, les Forces Vives ont insisté sur l'envoi d'urgence en Guinée d'une force de protection de la population civile, l'imposition immédiate d'un embargo sur les armes à destination de la Guinée et l'adoption de sanctions appropriées contre la junte et son gouvernement.

La délégation a hautement apprécié les efforts inlassables de la CEDEAO, de l'Union Africaine, des pays amis de la Guinée et de toute la communauté internationale réunis dans le Groupe International de Contact pour aider le peuple guinéen à trouver une issue heureuse à la grave crise actuelle. À tous et à toutes, elle renouvelle ses remerciements et sa profonde gratitude.

La délégation remercie vivement le GIC-G pour les positions courageuses prises dans le communiqué final de la rencontre et qui répondent pleinement aux aspirations du peuple de Guinée. Elle insiste sur une mise en œuvre rapide des résolutions adoptées.

Elle exhorte le peuple de Guinée à rester uni et mobilisé à l'exemple du Forum des Forces Vives et à continuer la lutte contre la dictature pour l'avènement d'une Guinée libre, unie et démocratique.

Abuja le 12 Octobre 2009

Le Forum des Forces Vives de Guinée.

Entre-temps, les deux journées de recueillement et de prière proclamées par les syndicats ont été presque scrupuleusement respectées en Guinée. Sur toute l’étendue du territoire, les bureaux, les entreprises, les marchés etc. sont restés fermés ce lundi et mardi. Certains ont même parlé d’une opération ville morte. En tous cas, c’est un avertissement à la junte car les syndicats qui s’étaient, pour des raisons encore inconnues, mis à l’écart de la marche du 28 septembre terminée dans un bain de sang, ont démontré que leur capacité de mobilisation est encore intacte.

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