Je ne comprends pas que le PDG et son appendice, le club AST (Ahmed Sékou Touré) fasse de l’agression du 22 novembre son Dada préféré.
C’est ce que l’on appelle « enfoncer une porte ouverte ».
Personne, pas même les victimes du Camp Boiro, ne met en doute ce fait historique qui marque une étape charnière dans la densification de la répression sanglante qui s’est abattue sur notre peuple qui en a payé un lourd tribut.
L’agression n’était même plus une probabilité parce que Sékou Touré en était le metteur en scène.
Autrement, pourquoi avoir ordonné le transfèrement des prisonniers du PAIGC de Amilcar Cabral de Mamou, où ils étaient en sécurité et hors de la portée des Portugais, pour Conakry (à la Minière) contre l’avis de Cabral ?
C’est une zone d’ombre que le PDG dans son énergie somnolente gagnerait à éclaircir en toute bonne foi.
A force de rabachis, ces nostalgiques grabataires du PDG ne se rendent même pas compte que l’opinion est atteint de saturnisme à force d’entendre égrener le sempiternel discours que l’on ne prend même plus la peine de dépoussiérer.
L’état d’impréparation des compatriotes Guinéens indûment qualifiés de mercenaires, car guinéens, ils l’étaient, était manifeste.
Autrement, comment expliquer que ni la Radio (Voix de la Révolution) ni Sonfonia, points stratégiques n’ont pas été attaqués. Et donc, tout le monde a payé cette improvisation.
Les portugais eux, ont fait un parcours sans faute parce qu’ils étaient, pour leur part, en intelligence avec Sékou Touré.
Le fait pour les Guinéens de n’avoir pas revendiqué cet acte a permis la qualification juridique de mercenariat et d’agression.
Je ne comprends pas d’avantage que le PDG fasse du 22 novembre « leur chose » à eux tout seul.
Ils sont tellement en mal de reconnaissance qu’ils pensent pouvoir fédérer autour d’eux l’opinion publique à la seule évocation de cette date fatidique qui concerne tout le peuple de Guinée, nous y compris, ne leur en déplaise.
Galéma moins la dextérité d’un funambule, avait tenté lors de son passage à Familia FM de trouver un semblant de base légale aux assassinants de la révolution. Ainsi, à la question du Journaliste qui lui opposait la loi d’alors permettant un jugement des détenus, il a botté en touche en s’appuyant sur les Tribunaux révolutionnaires improvisés opportunément avec le régime d’alors. Tout en reconnaissant qu’on a pu prêcher par précipitation (du funambulisme, je vous dis !).
Pour être plus sérieuse, j’en appelle juste au bon sens.
Si Sékou Touré était tellement sûr de son affaire et compte tenu de sa force de frappe.
Pourquoi a-t-il choisi de juger les « Accusés » à huit clos et sur bandes magnétiques falsifiables à l’infini ?
Pourquoi ne les avoir pas fait comparaître devant ces Tribunaux populaires devant tout le monde ?
Faisons un parallèle avec certains faits historiques :
1- les événements des mutins des 2 et 3 février.
Des faits avérés, un palais en flamme, les accusés ont eu droit à un procès loyal et contradictoire.
L’issue des peines ne laissait aucun doute avec un procureur militaire. Des avocats de la défense venus d’ailleurs. On se serait crû sous d’autres cieux, pas d’exécution sommaire, point n’est besoin de s’y étendre, tout le monde en connaît l’issue, rien que des peines de temps.
2- la rébellion venue d’ailleurs, on aurait pu inventer une cinquième colonne (complicité de l’intérieur) et arrêter tous les opposants.
3- et même le procès des gangs que Sékou Touré n’aurait pas hésité à habiller en procès politique pour assassiner encore les guinéens.
Avec lui le pas était vite franchi, on aurait donné un autre baptême à ce complot.
Tout ceci pour dire que tous ces complots ont servi d’alibis pour éliminer les élites militaires, civiles, administratives, gendarmes, douanières, etc... jusqu’au petit tailleur ou colleur de pneus dans cette paranoïa.
Que le PDG et son appendice soient embarrassés par la multitude de charniers et fosses communes qui jonchent le territoire national ; Qu’ils ne puissent pas expliquer que ce massacre soit le fait d’un clan familial, Sékou Touré, certains éléments de sa famille et sa belle famille.
Qu’ils en soient obligés de chercher à se fondre dans le creuset du grand manding pour tenter de s’y diluer. C’est une habile stratégie pour se faire du monde alors qu’on ne les compte même pas sur les dix doigts de la main, doigt du pied compris pour faire gentil.
Je suis d’autant plus à l’aise de parler de mes frères du Manding parce que je suis de Dabola et donc je n’ai pas tété le biberon de l’ethnocentrisme.
Par la grâce de Dieu, le confusionnisme ne marchera pas, on saura faire la part des choses et le PDG a beau se calfeutrer derrière le Manding, on saura séparer le bon grain de l’ivraie.
A toutes fins utiles, je crois savoir que l’acte constitutif du Manding prône le respect des droits de l’homme que Sékou Touré a allègrement violé.
Les griots du Manding savent que les cloisons ont été cassées pour introduire le Sanakouya qui prône la détente démocratique.
Je souhaite revenir sur l’incohérence de Monsieur Galéma :
A la restitution des corps des assassinés de Cosa, j’étais présente dans la salle et son discours a été longuement applaudi y compris par moi.
Je ne comprend pas qu’il veuille mettre autant d’énergie à retrouver les autres disparus, à exiger que toute la lumière soit faite pour cette portion de l’histoire sans être en harmonie avec les Victimes du Camp Boiro qui entendent retrouver des leurs, et que toute la lumière soit faite sur ces parodies de procès qui ont engendrer tous ces massacres.
Alors qu’aucun texte, de la constitution au code pénal ne prévoit de l’assassinat par diète noire, par pendaison, par ensevelissement, etc...
Si la peine de mort était prévue, la torture et les modes de liquidation utilisés par Sékou Touré n’ont jamais été édictés, c’est pour cela que nous reviendrons sur ces jugements.
Le logiciel des tenants du PDG obéit à une logique, toujours la même :
1) affirmer qu’il y a eu complots avec comme document essentiel la piscine, etc ... dont comme corollaire la boucherie humaine qui en a suivi.
2)si la Guinée de Sékou Touré n’a pu rien faire, c’est parce que « la petite France » a mis le Turbo en permanence pour boycotter son développement.
Ce que la génération de maintenant doit savoir, c’est que le départ de la France a permis une substitution plus que juteuse pour la Guinée par la Coopération venue d’ailleurs.
L’aide provenait essentiellement des Etats-Unis.
Les contrats miniers remontent à quand ? Et le cours de la bauxite à l’époque s’élevait à combien ?
On ne parlait pas à l’époque de détérioration de termes de l’échange.
Et je ne parle même pas de l’assistance financière venue du bloc des pays de l’est piloté par l’union soviétique sans compter la chine.
A tout ceci, il faut ajouter les pays arabes, la Guinée a été le plus grand bénéficiaire de la générosité de la umma islamique. Ainsi, de gros moyens ont été injectés sur la Guinée de Sékou Touré sans qu’il n’y ait aucun impacte sur son développement.
Cette coopération contrebalançait complètement l’aide de la petite France.
Qu’on arrête de justifier le retard de la Guinée par la défaillance française.
Si on pouvait faire un audit rétroactif en posant le diagnostic de ce que fut la coopération entre la Guinée et tous les pays cités ci-dessus, on aurait eu de vertiges.
En conclusion, si Sékou Touré, après avoir assassiné tout ce monde, avait proposé des infrastructures de base (ponts, routes, désenclavements, hôpitaux, Universités, lycées, aéroports digne de ce nom, agrandissement du port etc .... au lieu de tuer pendant vingt six ans, moi j’aurais accepté ce qui m’est arrivée parce que là je me serais dit quelque part que les comploteurs voulaient l’empêcher de travailler, mais nous avons perdu pour rien et ça, c’est douloureux.
J’ai écouté avec intérêt Madame Hadja André sur Africable.
J’ai toujours du respect pour une mère. J’en ai eu une et j’en suis une. Mon éducation me l’impose.
Une autre considération m’amène à beaucoup d’indulgence, c’est le fait qu’elle ait fait de la prison, y compris ses enfants. Je suis victime jus sanguinis d’une répression d’état, je suis juriste et en cette qualité, je m’élève contre toute translation de faute pénale et politique.
Ni les compagnes, ni les enfants n’ont à payer pour ce que le père est présumé avoir fait, même si, après un jugement, fût ce–t-il de parodie ou en bonne et due forme, sa culpabilité est établie.
Hadja André était la compagne de Sékou Touré, auteur de tous ces crimes, elle sait que nos mères et leurs enfants à bas âge ont été chassés de leurs concessions manu militari et sans bagages.
Certaines de nos mères étaient en grossesse (Madame Petit Touré qui a accouché au Camp Boiro, de l’enfant dénommé Youssouf, Hadja Guinèe minguê paix à son âme, épouse de feu Aribot Soda, l’hôtesse de l’air Madame SY qui a accouché au Camp Boiro).
Elle devrait, à défaut de garder un silence pudique, refuser d’être l’otage de certains saprophytes et pyromanes qui n’ont plus rien à manger si ce n’est dans le creux de sa main.
L’invitation qui nous avait été transmise au débat du 22 novembre, nous est parvenue à la veille si ce n’est le jour même, c’est avec plaisir que nous aurions honorés de notre présence cette invitation.
Nous n’avons pas l’habitude de nous défiler Madame.
Comme échange de bons procédés, accepteriez-vous de commémorer avec nous les pendaisons du 25 janvier prochain ?
Nous vous transmettrons très tôt l’invitation et parmi les thèmes qui seront entre autre retenus, il y aura les droits de l’homme et la torture et autres modes d’élimination sous le régime de Sékou Touré.
S’agissant de vous et considérant tous les motifs que j’ai évoqué plus haut, je ferme définitivement la polémique et ne répondrais à aucun coup de pieds d’un âne par procuration.
Maître BARRY Aminata
Notaire
Fille de feu Elhadj BARRY DIAWADOU
ASSASSINE EN 1969 PAR
SEKOU TOURE.