J’ai écouté attentivement la déclaration du PDG par la voix de Monsieur Touré à l’occasion de l’anniversaire du 22 novembre, date fétiche pour le PDG.
A ce sujet, je crois m’en être expliquée dans mon bulletin « ce que je pense N°1 ».
Ma première réaction a été de qualifier ce discours de honteuse récupération.
Toujours à l’affût comme un renard sous le boisseau, incroyablement opportuniste et cynique, le PDG compte se refaire une virginité sur le dos du CNDD à la faveur du drame du 28 septembre.
Il faut reprendre du service n’est-ce-pas ?
En créant la diversion, le PDG a l’outrecuidance de prétendre distribuer les bons et les mauvais points en s’érigeant en arbitre.
Les maux ont de la mémoire. Votre symbole est l’éléphant réputé pour sa célèbre mémoire, mais vous, vous l’avez bien courte.
L’étude comparée du passé et du présent montre que le PDG est porteur du péché originel avec un passé criminel innommable. Il faut que la jeunesse sache que le PDG est la pire des alternatives offertes au peuple martyr de Guinée.
Aujourd’hui, il veut montrer patte blanche alors qu’il est l’ancêtre de tout ce qui nous arrive.
Ce péché originel se décline en plusieurs points :
Suivez-moi.
1 - Qui a introduit la politique au sein de nos Forces armées ?
2 - Qui a inversé la pyramide des grades au point qu’un simple caporal pouvait dire merde à un colonel parce que politiquement mieux achalandé ?
3 - Qui a sabordé les notions de hiérarchie, d’ordre et de discipline au sein de nos Forces armées ?
Sékou Touré est responsable de l’état dans lequel se trouvent aujourd’hui nos Forces armées.
Il faut que le PDG ait l’honnêteté intellectuelle et la probité de le reconnaître, ça serait toujours un pas en direction de la réconciliation nationale qu’il prône curieusement en cherchant à s’adjuger le leadership de la réconciliation nationale. Cette initiative relève d’une coquetterie indécente de la part du PDG et de son appendice le club AST.
Il faut qu’il s’entraîne à se sortir des thèses négationnistes en ne niant pas l’assassinat de plus de 50.000 guinéens par pendaison et diète noire y compris alors qu’aucun de nos textes ne prévoit ce genre de sanction.
Le PDG qui disposait d’une armada juridique complète, n’a pas hésité à fouler tous ces textes (les deux constitutions, le code pénal et le code de procédure pénale) pour massacrer autant de guinéens en inaugurant les charniers et les fosses communes.
Tout ceci relève du péché originel dont le PDG est porteur.
4 ème Péché originel - l’ethnocentrisme
Qui ne se souvient pas du discours incendiaire de Sékou Touré à l’endroit de l’ethnie peule au point de particulariser le Foutah par sa célèbre stigmatisation « la situation particulière du Foutah ».
Qui n’a pas lu le passage extraordinairement raciste et ethnocentriste sorti de la bouche d’un président de la République, chef de l’Etat et le parti de ce Monsieur veut donner des leçons d’ethnocentrisme et d’ethno stratégie.
De qui se moque –t-on ?
Qui veut-on abuser ? Certainement les nouvelles générations, proie ô combien facile pour ce dangereux prédateur qu’est le PDG.
5- le PDG est responsable de l’irruption de l’armée sur la scène politique d’abord parce qu’elle était politisée, ensuite parce que les responsables d’alors n’ont pas laissé s’appliquer la constitution qui avait prévue le cas de vacance de pouvoir qui devait être assuré par Lansana Béavogui.
C’est ça l’histoire, les générations doivent le savoir et le PDG doit dire la vérité s’il est sincère dans sa démarche.
Il faudrait que les nouvelles générations se posent une question. Si le PDG était aussi fort et que l’adhésion populaire lui était irrésistible comme il le prétend, pourquoi s’est –il écroulé comme un château de carte après la disparition de son leader ? La réponse c’est parce que c’était une dictature sanglante, impitoyable où toutes les libertés étaient étouffées dans l’œuf.
Un groupe a réussi à prendre un peuple en otage pendant 26 ans avec les moyens financiers de nos minerais et je répète encore une fois qu’un audit sur toutes les conventions passées sous la première République vu l’état de notre pays après 50 ans s’impose.
Il s’agit d’une faillite de 50 années que tout le monde est entrain de payer.
A l’attention des nouvelles autorités, je voudrais lancer une mise en garde en direction du Ministre de l’Information responsable des médias d’Etat. La provocation à l’égard d’une autre catégorie de victimes doit cesser ou alors il faut rééquilibrer l’équation pour permettre aux victimes du Camp boiro d’user de leur droit de réponse sur la tribune de ces mêmes médias d’Etat.
Une interdiction vient d’être faite en direction de toutes démarches propagandistes. A bon entendeur salut Monsieur le Ministre de l’information.
Je voudrais rappeler à Monsieur Touré que la Guinée n’est pas le Gabon encore moins le Togo au cas où.
Pendant la grande messe organisée par le club AST dans le local d’Etat du palais du peuple pour la promotion d’un livre, démarche tout à fait privée, mercantile, alimentaire et propagandiste. Certains éléments « perturbateurs » de victimes du camp boiro, c’est l’expression utilisée par le journaliste commentateur du journal télévisé de 20 heures le 23 novembre, se sont démocratiquement invités. Personnellement, je n’y serais pas allée parce que ce genre de rassemblement est endogène, consanguin et convenu où la contradiction, la discussion démocratique auraient cédé la place aux injures de parents où même les mamans n’auraient pas été épargnées.
Dans ce cas, ils se seraient d’avantage disqualifiés pour prétendre organiser une messe de réconciliation nationale en décembre.
NOUS, nous avons été bien élevés. C’est pour cela que nous nous sommes retenus jusqu’à maintenant.
Le PDG est plus chanceux que le CNDD parce que les temps ont changé, rien ne peut plus se faire à huis clos. Il y a un droit d’ingérence et nous sommes dans un village planétaire où tout s’imbrique.
Maître BARRY AMINATA
Fille de BARRY DIAWADOU
ASSASSINE AU CAMP BOIRO EN 1969 PAR SEKOU TOURE.
« Même si je quitte le pouvoir, c’est un autre militaire patriote qui viendra prendre ma place ». Voilà ce que disait en substance Cap. Moussa Dadis Camara après le retour de la délégation du CNDD de Ouagadougou où des émissaires de la junte étaient partis soumettre leurs propositions de sortie de crise au facilitateur de la CEDEAO Blaise Compaoré la semaine dernière. Continuant ses élucubrations, il dira même tenir le pouvoir de Dieu, comme son père spirituel Lansana Conté. Cela est donc sans équivoque : les militaires guinéens considèrent le pays comme leur propriété et ils ne sont pas prêts de lâcher prise et d’accepter une alternance démocratique. Curieusement, ceux qui ne nous ressassent les mérites du dialogue n’ont pas réagi à ces paroles horripilantes du chef de la junte de Conakry. Ce n’est pourtant pas nouveau. En effet Moussa Keita, un des faucons du régime, avait annoncé à Nzérékoré, province natale de Dasis : « Dadis ou la mort ». La formule est malheureusement devenue réalité le 28 septembre 2009. Le même Moussa Keita a dit et repété plusieurs fois : « Les élections n’ont jamais servi à quelque chose en Afrique. À quoi bon organiser des élections et faire un coup d’État le lendemain ?»
Cela signifie donc que le CNDD n’a rien modifié de son plan de s’installer durablement au pouvoir quelque soit le prix que le peuple de Guinée doit payer. Le soi-disant dialogue de Ouagadougou n’est qu’un subterfuge pour gagner du temps et un semblant de légitimité.
Quelle issue pouvons nous attendre de la médiation de Compaorè ? Probablement une formule boiteuse genre gouvernement d’union ou d’ouverture comme on en a vu au Togo, au Kenya, au Zimbabwé. Elle ne semble pas fonctionner dans ces pays (au Togo elle a même stabilisé le pouvoir de la dynastie Éyadéma), le problème principal étant que les potentats africains ne supportent pas l’idée d’un partage du pouvoir. Ce n’est pas le chef de la junte guinéenne qui y fera exception. Il a déjà démontré qu’il s’accommode mal d’un premier ministre, même mou et effacé comme Kabinet Komara. Comment acceptera t-il un premier miniistre ou vice-président qui détiendra une partie de ses prérogatives actuelles, notamment la régie sur les secteurs « juteux » de l’État ?
Un gouvernement d’union avec un partage équitable du pouvoir est tout simplement impossible avec Cap. Moussa Dadis Camara, à moins qu’il ne soit limité à la transition et que le chef de la junte s’engage par écrit à renoncer à sa candidature aux élections. Tous ses comportements du passé et du présent démontrent sa réfraction aux idéaux de la démocratie. D’ailleurs, que ferait-on au cas où la commission d’enquête internationale le trouvait coupable dans le massacre du 28 septembre ? Il serait naïf de croire qu’il se livrera lui-même à la Haye. Le problème de la sécurité des enquêteurs et des témoins se pose aussi. Donc, la CEDEAO ou l’Union Africaine devront tôt ou tard penser à une force d’intervention inter-africaine car cette soldatesque sans foi ni loi ne connait que la force.
Le régime de Capitaine Moussa Dadis Camara n’a jamais été tendre envers les journalistes critiques mais depuis les évènements du 28 septembre dernier, le régime étant aux abois, il multiplie les assauts contre ceux qu’il estime être co-responsables de ses malheurs. Beaucoup de journalistes reçoivent régulièrement des brimades et même des menaces de mort. C’est ainsi que messieurs Amadou Diallo et Mouctar Baldé, respectivement correspondants de la BBC et de RFI en Guinée ont dû récemment quitter le pays et se réfugier au Sénégal voisin.
Un autre journaliste, Mr. Talibé Barry de l’hebdomadaire L’indépendant, a reçu selon plusieurs sites Internet guinéens une convocation pour aujourd’hui mercredi à la Gendarmerie Nationale. Un des ses derniers articles thématisait le problème des nombreux officiers emprisonnés arbitrairement depuis la prise de pouvoir par le CNDD de Capitaine Dadis et dont les familles n’ont aucune nouvelle. Ces officiers censés être proches de l’ancien président Conté sont considérés dangereux par le nouveau régime.
Si le régime de l’inénarrable capitaine perdure, il faut s’attendre à d’autres sevices contre la presse libre car il ne tolére que les journalistes qui le flattent, quitte à acheter leur conscience par des millions prélevés sur le budget de l’État.
La communauté guinéenne d’Autriche et quelques sympathisants autrichiens ont manifesté le 15 octobre dernier contre le carnage du 28 septembre dernier. Malgré le froid et la neige de cet hiver précoce, les manifestants se retrouvèrent dès 10h à l’Albertina Platz (Place Albertina) non loin du musée du même nom, l’Albertina Museum, un des musés d’art les plus fameux de la ville de Vienne. Des slogans condamnant le CNDD et son président et exigeant une commission d’enquête internationale ainsi qu’un retour à la démocratie en Guinée furent lancés. Un discours expliquant les circonstances de la tragédie du Stade du 28 Septembre fut lu. Il a été transmis à la presse et aux organisations de défense des Droits de l’Homme travaillant en Autriche.
Malheureusement, à cause du mauvais temps, peu de passants se hasardaient à l’Albertina Platz ce jeudi 15 octobre. Les slogans criés et les terribles photos du carnage agrandies et exibées par des manifestaient attirèrent cependant l’attention de quelqus rares passants qui posèrent des questions. Un passant regrettera la couverture insuffisante de l’évènement par les médias autrichiens. L’Autriche étant un pays traditionnellement peu tourné sur l’Afrique, l’actualité de ce continent, surtout de sa partie subsaharienne, est pratiquement ignorée par la presse.
En ce 28 septembre 2009, les « Forces Vives » (opposition, syndicats, société civile) avaient appelé à une manifestation massive au stade pour protester contre la candidature du chef de la junte militaire (CNDD) le Capitaine Moussa Dadis Camara.
La junte ayant interdit toute manifestation, les « Forces Vives » ont quand même maintenu leur décision. Donc dès ce matin, des partisans de l’opposition ont forcé les portails d’entrée au stade, bravant les militaires et les Bérets Rouges, troupe d’élite du Président de la République connue pour sa gâchette facile. Comme pendant les troubles de 2006 et 2007, les Bérets rouges se sont illustrés par une cruauté aveugle. La plupart des morts et blessés vont sur le compte de cette troupe d’élite mieux équipée et mieux payée que l'armée régulière. La population a à son tour brûlé un commissariat de police. Le bilan s’alourdit d’heure en heure : d’après une dépêche d’AFP, il y aurait une soixantaine de corps à l’une des morgues de la capitale.
Deux des principaux chefs de l’opposition, Cellou Dalein Diallo et Sydia Touré, seraient parmi les blessés. Ils auraient été arrêtés et conduits dans un camp militaire. Leur sort est inconnu en ce moment. D’après certaines sources, le domicile de Cellou Dalein Diallo aurait été saccagé par les militaires. Des cas de viol ont été signalés par des témoins.
Les responsables du carnage de cette journée noire ont pour nom : Capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte et président de la République autoproclamé, Capitaine Tiegboro Camara secrétaire d’État chargé de la lutte anti-drogue et du grand banditisme, Général Sékouba Konaté ministre de la Défense, Jean Claude Pivi ministre chargé de la sécurité présidentielle. Encore une fois, l'Union Africaine et la CÉDÉAO et les partenaires internationaux se sont révélés ineffectifs devant un officier putchiste prêt à marcher sur des cadavres pour conserver le pouvoir.
Le 31 août 2009, la junte militaire sous le Capitaine Moussa Dadis Camara plus que jamais décidée à confisquer le pouvoir, a interdit, par l'intermédiaire du Conseil National de la Communication (CNC), une institution étatique en principe indépendante, toutes les discussions à caractère politique sur les radios privées (déjà, il y a quelques jours, les opérateurs de téléphonie mobile ont été sommés de bloquer le service sms pour contrer des textos hostiles à la junte qui circulaient parmi les jeunes de la capitale). L'Union des Radiodiffusions et Télévisions Libres de Guinée a protesté contre cette grave atteinte à la liberté d'expression à travers le communiqué suivant :
Les membres de l'Union des Radiodiffusions et Télévisions Libres de Guinée viennent d'être saisis de la décision n° 014/SP/CNC/08/2009 en date du 31 août 2009 dont teneur suit :
« Le Conseil National de la Communication décide :
Article 1er: De l'interdiction d'évoquer, jusqu'à nouvel ordre, des sujets politiques dans tout type d'émissions interactives et ce, dans toutes les langues.
Article 2 : La présente décision qui prend effet à compter de la date de sa signature sera enregistrée et publiée partout où besoin sera.
Signé :
Le Président
Jean Raymond SOUMAH »
FIN DE CITATION
Les membres de l'Union des Radiodiffusions et Télévisions Libres de Guinée réunis ce mardi 01 Septembre 2009 en Assemblée Générale Extraordinaire expriment leurs vives préoccupations et leurs inquiétudes face à cette décision unilatérale du Conseil National de la Communication.
Cette décision du CNC qui méprise le décret de libéralisation des ondes et les Arrêtés d'application dudit décret viole le droit à l'expression libre du citoyen guinéen.
L'Union des Radiodiffusions et Télévisions Libres de Guinée proteste et condamne avec la dernière énergie cette décision du CNC qui s'inscrit en porte à faux avec la déclaration du Capitaine Moussa Dadis CAMARA, Président de la République, Président du CNDD, Chef de l'Etat, Commandant en Chef des Forces Armées lors de sa rencontre avec les élus locaux au Palais du Peuple le lundi 31 août 2009, déclaration au cours de laquelle il a solennellement mis en garde contre toutes menaces à l’encontre des radios privées.
L'Union attire l'attention de l'opinion sur les velléités manifestes du CNC de museler les radios privées et d'empêcher la libre expression du citoyen guinéen tant souhaitée par le Président Moussa Dadis CAMARA.
L'Union réaffirme son engagement à faire respecter l'éthique et la déontologie de la profession ainsi que les lois en vigueur.
En tout état de cause, l'Union se réserve le droit de saisir la Cour Suprême aux fins d'annulation de la décision du CNC.
Fait à Conakry le 01 Septembre 2009
Signé :
L'Union des Radiodiffusions et Télévisions Libres de Guinée
Condamnant les manœuvres de désinformation d’officiels à tous les niveaux et des médias d’état tentant de faire croire à l’incohérence des décisions du Forum des Forces Vives:
Rappelant que le forum des Forces vives s’était engagé avec le CNDD dans un partenariat basé sur une confiance réciproque dans le but de favoriser la conduite d’une transition consensuelle et apaisée:
Considérant que le Forum des Forces Vives n’a jamais contesté ni la paternité du comité ad hoc ni ses conclusions et qu’il a, au contraire insisté conséquemment, sur la mise en place d’un comité de suivi aux fins de veiller au respect strict du nouveau chronogramme et d’éviter ainsi d’autres retards dans son application;
Rappelant que le forum des Forces Vives a rejeté l’ordonnance portant création du conseil national de Transition en raison de l’augmentation unilatérale de son effectif convenu qui était de 163 membres au lieu de 244 ainsi que pour la modification de sa composition, notamment l’omission de la société civile;
Soulignant que l’engagement du Chef de 1’Etat à ne pas se présenter à la prochaine élection présidentielle a fait l’objet d’un serment solennel et répété devant l’opinion nationale et la communauté internationale et que la violation de cet engagement saperait dangereusement les fondements même du consensus national et de la paix civile ;
Jugeant qu’en cas de violation par le Chef d l’Etat de son engagement, la monopoli1sation actuelle des médias d’état, la multiplication et instrumentalisation de groupes de soutien, la militarisation de plus en plus poussée de l’Etat et de l’administration territoriale, l’utilisation massive des fonds publics a des fins de propagande malgré la misère généralisée des populations, la personnalisation progressive du pouvoir pourraient conduire à l’organisation d’élections qui ne seraient ni transparentes, ni crédibles et ni acceptables avec des risques de contestation et de troubles sociaux majeurs ;
Déplorant l’aggravation de la pauvreté des populations guinéennes privées depuis de longs mois de l’aide de la communauté internationale et gravement affectées par le tarissement des ressources financières internes, du fait du ralentissement de l’activité économique ;
Déplorant a violation répétée du domicile de M. Mamadou Mouctar Diallo, Président des Nouvelles Forces Démocratiques (NFD) par des groupes militaires;
Le Forum des Forces Vives de Guinée
Décide de ne pas donner une suite favorable à l’invitation du Chef de l’Etat à participer à une réunion de concertation au Palais du Peuple le lundi 31 fout 2009. 11 considère que cette rencontre élargie aux présidents de CRD et autres responsables administratifs et politiques ne constitue pas le cadre approprié pour débattre avec sérieux et sérénité de questions liées à un sujet aussi important que la transition;
Rappelle son opposition catégorique à la candidature du capitaine Moussa Dadis Camara ou de n’importe quel autre membre du Gouvernement ou du CNDD à la prochaine élection présidentielle et ce, pour garantir la transparence, la régularité et l’équité du scrutin;
Reste toujours dans l’attente des réponses du chef de l’Etat sur la question de l’effectif et de la composition du CNT et dénonce par avance toute récupération de ce point de désaccord pour justifier un quelconque retard dans la mise en place de l’institution et dans l’application du chronogramme adapté;
Exige l’accès des partis politiques aux médias d’état afin de favoriser l’expression libre et équitable des différents courants de pensée et d’opinion de la nation;
Déplore l’entrave à la liberté d’expression que constitue la mesure officielle d’interdiction des SMS au niveau des opérateurs de téléphonie mobile;
Attire l’attention du CNDD et du gouvernement sur les risques sérieux d’émeutes populaires liées à la misère généralisée et à l’absence de perspectives économiques, en raison de la situation chaotique générée par la gouvernance politique et économique actuelle;
Exprime sa solidarité vis-à-vis de M. Mamadou Mouctar Diallo Président des NFD et condamne énergiquement les tentatives d’intimidation et l’atteinte aux libertés fondamentales dont il est l’objet;
Exige la relance des travaux de la Commission Nationale d’enquêtes sur les tueries de juin 2006 et janvier- février 2007 ainsi que la poursuite des audits tels que prévus par la plateforme des Forces Vives;
En appelle au sens de l’Etat et à l’esprit patriotique maintes fois revendiqués par lui, pour demander au Capitaine Moussa Dadis Camara d’éviter de faire, en ces moments cruciaux, des choix politiques qui pourraient ébranler profondément et durablement les fondements même de la nation guinéenne. Il se doit de rester l’arbitre neutre et impartial nécessaire à la réussite de la transition;
Réitère son appel au peuple de Guinée pour lui demander de rester vigilant et mobilisé afin de s’opposer énergiquement à toute forme d’accaparement du pouvoir autrement que par les urnes et dans le cadre d’élections libres, justes et transparentes.
Le Forum des Forces Vives de Guinée (FFVG)
- Rappelant les engagements du président du Conseil National pour le Développement et la Démocratie (CNDD) dans sa déclaration de prise de pouvoir suivant lesquels ni lui ni aucun autre membre du CNDD et du gouvernement ne seront candidat aux prochaines élections nationales, engagement sur la base desquels les Forces Vives avaient apporté leur soutien pour une gestion consensuelle et apaisée de la transition ;
- Ayant suivi avec une attention soutenue la conférence de presse du Président du CNDD du 19 Août 2009 ;
- Exprimant sa vive préoccupation face à la polarisation de toutes les activités du CNDD et du gouvernement sur la candidature du Capitaine Moussa Dadis Camara ;
- Déplorant la monopolisation des médias d'Etat et l'usage abusif des fonds publics à des fins de manipulations et de propagande en vue de promouvoir et soutenir la candidature du Capitaine Moussa Dadis Camara ;
- Déplorant le contenu du communiqué du gouvernement en date du 22 Août 2009 évoquant le droit de tous les membres du CNDD et du gouvernement à se présenter aux prochaines consultations électorales ;
- Considérant que la candidature des membres du CNDD et de son président, ainsi que celle des membres du gouvernement compromettrait la transparence, la crédibilité et l'équité des élections ;
- Considérant la modification unilatérale de l'effectif du CNT préalablement négocié et accepté par les Forces Vives et le CNDD ;
- Dénonçant la manipulation tentée par le Capitaine Moussa Dadis Camara sur la non prise en compte de la commission nationale d'enquête dans le chronogramme proposé par les Forces Vives et accepté par le CNDD ;
Le Forum des Forces Vives de Guinée
S'oppose fermement à toute candidature des membres du CNDD et de son président ainsi que celle des membres du gouvernement à la prochaine élection présidentielle ;
Rejette catégoriquement l'ordonnance portant création du CNT dans sa composition actuelle ;
Exige la réactivation immédiate de la commission nationale d'enquête sur les tueries de juin 2006 et de janvier – février 2007 ;
Dénonce avec vigueur la militarisation à outrance de l'appareil de l'Etat et la persistance inacceptable d'un climat d'insécurité généralisée ;
Réaffirme que seuls le retour à un ordre constitutionnel et le respect des libertés fondamentales permettront l'instauration d'un Etat de droit seul gage du maintien de la paix et de la promotion d'un développement durable du pays ;
Appelle à la mobilisation générale de tout le peuple de Guinée pour s'opposer énergiquement à toute vélléité de confiscation du pouvoir par le CNDD et son président.
Conakry le 23 août 2009
Le Forum des Forces Vives de Guinée
La Guinée risque sérieusement de faire les frais de l’hypocrisie de l’Union Africaine. En effet, celle-ci a toléré la candidature du général putchiste mauritanien Aziz qui renversa il y a un an le premier président élu démocratiquement de ce pays. La Mauritanie fut d’abord suspendue de l’UA pour être ensuite réintégrée dans l’organisation continentale dès que le Général Aziz eut exprimé son intention de ramener le pays dans l’ordre constitutionnel. L’UA se garda de le dissuader de présenter sa candidature aux élections présidentielles de juillet dernier, au contraire de la Guinée. Le général a, comme on le sait, organisé les élections et les a bien sûr gagnées.
Maintenant le même scénario risque de se répéter en Guinée. Le Capitaine Moussa D. Camara qui préside aux destinées de la Guinée depuis ce matin du 23 décembre 2008 a implicitement admis qu’il sera candidat et n’a pas manqué de pointer le doigt sur la Mauritanie en soulignant qu’on ne devrait pas lui refuser ce qu’on a accepté de son collègue mauritanien. Et le capitaine a toutes les chances de gagner les futures élections présidentielles (fixées pour janvier 2010) car tout penche en sa faveur actuellement :
- Il a dors et déjà ouvert inofficiellement la campagne électorale alors que cette activité est toujours interdite aux partis politiques.
- Il est la vedette principale sur les médias publics alors que ses adversaires politiques n’y ont pas accès.
- Il a toutes les ressources financières de l’État à sa disposition et ne manque pas de s’en servir massivement (malgré une situation budgétaire tendue) pour s’acheter une clientèle politique sous forme de mouvements de soutien créés de toutes pièces et animés par de jeunes désœuvrés à la recherche du sou. Ces mouvements ont déjà commencé à sillonner la capitale pour prêcher la bonne parole.
- Last but not least, le capitaine ressort l’épouvantail des audits pour disqualifier ceux des leaders politiques en qui il voit des rivaux potentiels dans la course au pouvoir. Les anciens premiers ministres de Conté, engagés aujourd’hui dans l’opposition, Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG et Sidya Touré, président de l’UFR, sont particulièrement visés.
Parallèlement, le Capitaine Moussa D. Camara a nettoyé l’Armée dans une série de purges de tous les éléments qu’il estime dangereux pour son pouvoir. Donc la 3ème dictature de l’histoire guinéenne se met progressivement en place.
L’hypocrisie et l’immobilisme de l’UA risquent de créer des émules sur le continent. Déjà l’organisation continentale a brillé par son incapacité notoire à empêcher les tripatouillages constitutionnels qui ont servi à beaucoup d’autocrates africains à pérenniser leur pouvoir. Le Niger de Tandja en est le dernier exemple.
Cependant l’opposition guinéenne et la société civile (regroupées sous le nom aujourd’hui pompeux de « Forces Vives ») doivent aussi se poser des questions sur leur responsabilité dans l’impasse actuelle : d’abord elles se sont laissé piéger en acceptant le cadeau empoisonné du Comité ad hoc qui a statué que des élections ne sont pas possibles cette année, donnant ainsi au capitaine la possibilité de présenter sa candidature puisqu’il avait exclu cette dernière pour 2009 ; ensuite, depuis l’avènement du CNDD, les Forces Vives ont opté pour la tactique « éviter par tous les moyens le conflit ou l’affrontement avec les nouveaux dirigeants ». Une dirigeante syndicale jadis acclamée poussera la servilité jusqu’à qualifier le président illégal de « Père de la Nation ». Quand le capitaine accuse, insulte, ment, humilie, emprisonne, les Forces Vives se murent dans leur silence. Cette politique de l’autruche n’est pas payante car elle encourage l’apprenti-dictateur à aller plus loin. Les magistrats ont prouvé lors de leur grève contre les structures judiciaires parallèles instaurées par le CNDD que le Capitaine Moussa D. Camara sait reculer face à la résistance. Si l’opposition ne se décide pas à croiser le fer avec le CNDD pour que les militaires retournent définitivement dans leurs casernes, une nouvelle crise aux conséquences incalculables menace la Guinée.