La communauté guinéenne d’Autriche et quelques sympathisants autrichiens ont manifesté le 15 octobre dernier contre le carnage du 28 septembre dernier. Malgré le froid et la neige de cet hiver précoce, les manifestants se retrouvèrent dès 10h à l’Albertina Platz (Place Albertina) non loin du musée du même nom, l’Albertina Museum, un des musés d’art les plus fameux de la ville de Vienne. Des slogans condamnant le CNDD et son président et exigeant une commission d’enquête internationale ainsi qu’un retour à la démocratie en Guinée furent lancés. Un discours expliquant les circonstances de la tragédie du Stade du 28 Septembre fut lu. Il a été transmis à la presse et aux organisations de défense des Droits de l’Homme travaillant en Autriche.
Malheureusement, à cause du mauvais temps, peu de passants se hasardaient à l’Albertina Platz ce jeudi 15 octobre. Les slogans criés et les terribles photos du carnage agrandies et exibées par des manifestaient attirèrent cependant l’attention de quelqus rares passants qui posèrent des questions. Un passant regrettera la couverture insuffisante de l’évènement par les médias autrichiens. L’Autriche étant un pays traditionnellement peu tourné sur l’Afrique, l’actualité de ce continent, surtout de sa partie subsaharienne, est pratiquement ignorée par la presse.
En ce 28 septembre 2009, les « Forces Vives » (opposition, syndicats, société civile) avaient appelé à une manifestation massive au stade pour protester contre la candidature du chef de la junte militaire (CNDD) le Capitaine Moussa Dadis Camara.
La junte ayant interdit toute manifestation, les « Forces Vives » ont quand même maintenu leur décision. Donc dès ce matin, des partisans de l’opposition ont forcé les portails d’entrée au stade, bravant les militaires et les Bérets Rouges, troupe d’élite du Président de la République connue pour sa gâchette facile. Comme pendant les troubles de 2006 et 2007, les Bérets rouges se sont illustrés par une cruauté aveugle. La plupart des morts et blessés vont sur le compte de cette troupe d’élite mieux équipée et mieux payée que l'armée régulière. La population a à son tour brûlé un commissariat de police. Le bilan s’alourdit d’heure en heure : d’après une dépêche d’AFP, il y aurait une soixantaine de corps à l’une des morgues de la capitale.
Deux des principaux chefs de l’opposition, Cellou Dalein Diallo et Sydia Touré, seraient parmi les blessés. Ils auraient été arrêtés et conduits dans un camp militaire. Leur sort est inconnu en ce moment. D’après certaines sources, le domicile de Cellou Dalein Diallo aurait été saccagé par les militaires. Des cas de viol ont été signalés par des témoins.
Les responsables du carnage de cette journée noire ont pour nom : Capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte et président de la République autoproclamé, Capitaine Tiegboro Camara secrétaire d’État chargé de la lutte anti-drogue et du grand banditisme, Général Sékouba Konaté ministre de la Défense, Jean Claude Pivi ministre chargé de la sécurité présidentielle. Encore une fois, l'Union Africaine et la CÉDÉAO et les partenaires internationaux se sont révélés ineffectifs devant un officier putchiste prêt à marcher sur des cadavres pour conserver le pouvoir.